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Haunted House In madness

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Feathers Road
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MessageSujet: Haunted House In madness Mar 19 Avr - 16:58


L’ennui. C’est horrible quand ça vous atteint. Vous ne le voyez pas arriver. Vous vous rendez juste compte à quel point les minutes peuvent s’écouler lentement. Les gens comme Becky ne supportent pas longtemps la solitude. C’est comme ça. Il faut qu’ils sortent et foutent le moral à zéro à deux inconnus. Et c’est reparti, la vie est belle. Couchée presque sur la table, elle lançait les flèches dans le mur, où étaient fixées les photos de ses pires ennemis. D’un air blasé, elle en envoya une qui a alla se planter net dans la tête du Conseiller de la Mairie. Jackpot !
La journée allait peut-être se montrer intéressante finalement. Elle fit une grimace à son reflet, avant de s’habiller et de s’armer de son épée. En sortant, quelques passants changèrent de trottoir, d’autres se mirent à chuchoter, et les derniers ignorèrent sa néfaste présence. Un gamin, certainement plus jeune que Becky, mais pas énormément plus petit qu’elle, lui jetait des regards inquiets.

*Verrouillage de la cible effectué. Lancement de la mission « Grouarr ! Regarde comme je suis méchante ~ ! » *

- Hé Gamin ! Qu’est ce que tu regardes comme ça ?! cria-t-elle.

Bizarrement, sans se démonter, il la fixa avec plus d’assurance et d’intensité. La témérité du garçon la faisait presque frémir d’indignation. C’était étrange de rencontrer pareil caractère dans le quartier. Une bizarrerie d’Esplumoir en plus, sans aucun doute. Elle s’approcha du gosse. Il ne lui était pas familier. Les curieux environnants tournèrent la tête pour observer la scène. Si bien que deux cycliste se rentrèrent dedans, dans un joyeux fracas.

- Tu veux ma photo ?! s’écria-t-elle à son attention.

Il éclata de rire. Ha. Il ne connaissait pas Becky… Certainement un nouveau venu, à qui on avait pas appris les usages. C’était pas bien grave, puisque Becky allait s’occuper de l’instruire à tout cela… à sa manière, qui pouvait occasionner quelques dommages collatéraux.

- Ouai. Pour la mettre dans mon album de singe.


Le cœur de Becky cessa de battre pendant quelques secondes. Elle serra son épée, faisant blanchir les articulations de ses mains d’une couleur tout à fait inédite. Il l’avait provoqué. Un gosse. On aurait presque pu voir s’échapper une fumée noire de la tête de Becky et la musique de Dark Vador retentir au loin.

- Je suis… en colère, rugit-elle, la tête basse, la fureur logée au fond de sa gorge.

Le gamin s’enfuit à toutes jambes. Il courrait drôlement vite pour son âge, alors que la jeune fille, elle-même, se débrouillait superbement bien à la course. En passant par le quartier fleuri, on aperçut seulement deux enfants lancés tels des boulets de canon. La poursuite ne s’arrêtait plus. Et alors que Becky pensait bientôt cracher ses poumons en feu sur le bitume, le gamin ne montrait pas le moindre signe de faiblesse. Une plume de vitesse, certainement.
Ils arrivèrent dans le quartier maudit. Carreaux cassés, pavés sombres, architecture caustique, Bloody Lane avait un certain cachet. Sans plus. Et bizarrement, les habitants, perchés sur les toits tels des chauves-souris, observaient la poursuite, avec des airs de fous, comme s’ils se délectaient du spectacle.

Le nez en l’air, elle en oublia de regarder ses pieds, et ils se prirent dans une corde rêche. Ils l’avaient piégée. Elle. LA Becky. Enfin, après tout, les habitants du quartier lugubre étaient intelligents. Et puis, elle méritait son sort, après les tags écrits sur les murs leur étant destinés. Et la plupart n’avaient rien d’affectueux ou de mélioratifs. Un filet tomba sur elle, comme une toile d’araignée funeste. La prochaine fois, elle penserait à prendre ses vitamines. La course l’avait rendue si molle qu’elle paraissait dépourvue du moindre réflexe. Enfin, s’il y avait « une prochaine fois »…

Dans un geste de survie titanesque, elle trancha les liens avec son épée. Le tigre était réveillé. Entourée des lugubres habitants, elle se sentit bien petite. Enfin, plus que d’habitude quoi. Fonçant comme une folle furieuse, elle réussit à s’échapper et se glisser dans une ruelle sombre jouxtant l’avenue principale. Un troupeau passa non loin, à sa recherche. Elle serait en paix pour quelques temps, ce qui lui serait bénéfique pour faire le point. Elle se tapota la tête, cherchant une idée pour se sortir de là sans se faire empailler par les fous de la poudre blanche.

- Hé toi, j’ai besoin de toi, là ! chuchota-t-elle à elle-même
*Mmmmh… !*
- Nom de Dieu ! Tu as bâillonné ma conscience ?!
*On a pas besoin d’elle !*
- Mais, c’est son truc à elle de réfléchir !
*Tu as pas besoin de réfléchir. Tu as besoin de moi, ton instinct !*
- Et que me dit mon instinct ?
*Que j’aurais pas dû bâillonner la conscience.*

Son monologue fut entendu par un des chercheurs et elle fut forcée de sortir de sa cachette humide. Elle se rua dans un jardin, devant une maison délabrée, qui semblait tenir dans un fragile équilibre. Les poursuivants ne franchirent même pas le portail, scrutant la maison avec crainte, ce qui ne rassurait pas du tout Becky. Elle n’ignorait pas qu’il y avait des bisounours à Bloody Lane, mais pour la plupart, leur faire peur pouvait se révéler mission impossible.

Elle entra, et la porte se referma sur elle dans un claquement sec. Un noir d’encre, l’odeur de la poussière, presque son goût poisseux, le craquement des lattes de bois rongées par le temps. L’atmosphère était glauque, presque pesante, et ses yeux avaient du mal à s’habituer à l’obscurité.

- Mais merde ! Où est l’interrupteur dans c’te baraque ?!

En s’enfonçant dans l’une des pièces à la recherche d’une source lumineuse ou d’une lampe torche, elle entendit la porte d’entrée se refermer. Elle se figea, cessa de respirer. Les pas se rapprochaient ou était-ce son imagination ? Qui était-est ce ? Un fantôme ?

Un vertige.

- Ho mon dieu. Mais qu’est ce que c’est que cet endroit… ?




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Dernière édition par Becky Bloom le Jeu 21 Avr - 14:04, édité 3 fois
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Bloody Lane

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MessageSujet: Re: Haunted House In madness Mer 20 Avr - 16:13

Erwan soupira. C'était la grande rouille. Celle qui s'étend à l'infini. Celle dont on ne peut jamais voir la fin. Ni le début, d'ailleurs. La grande rouille, on ne sait pas vraiment quand est-ce qu'elle va arriver, et encore moins quand elle se termine. Elle vous tombe dessus, d'un coup. Et elle avait fait de même avec le jeune homme. Elle était arrivée soudainement, l'avait pris dans ses griffes acérées et ne comptait apparemment plus le lâcher. Avec la guerre, rares étaient les enfants qui osaient s'aventurer dans Bloody Lane, par peur de se faire sauvagement agresser. Car BL était sûrement le quartier le plus dangereux de l'île. Sans enfants, pas de boulot. Pas d'argent non plus. A la limite, Erwan se foutait complètement du boulot. Mais l'argent, c'était une autre affaire. Il ne crachait jamais dessus, et se remplir les poches était l'une de ses activités favorites. Avec frapper des gens - innocents ou non -, tirer avec des armes à feu et toutes autres occupations du même acabit. Partir à la chasse aux pauvres enfants perdus aussi ...

Erwan lâcha la petite balle rebondissante avec laquelle il jouait pour passer le temps et se leva. Il fallait qu'il bouge, avant de péter un câble. En outre, il était persuadé qu'il n'y aurait aucun acheteur dans la journée, alors autant s'faire la malle. Il attrapa les clés de la boutique sur le comptoir, les fit sauter une ou deux fois dans sa main et un petit sourire satisfait s'étira sur ses lèvres. Il aurait bien d'autres jours pour faire des rentrées d'argent, mais là, la liberté était trop tentante. Il claqua la porte en sortant, mais prit bien soin de fermer à clé. Au cas où ... Même s'il doutait de la témérité des habitants qui ne pousseraient pas jusqu'à cambrioler le magasin d'Erwan King Blackstone.

Il rabattit sa capuche sur ses cheveux blancs et baissa légèrement la tête pour ne pas laisser apparaître ses yeux rouges. Les mains dans les poches, il déambula dans les ruelles de son quartier, qu'il connaissait si bien. Il les avait parcouru un nombre incalculable de fois, ces petites rues sombres pareilles à des coupe-gorges. Il aurait pu y marcher les yeux fermés, et savoir où il était. Deux ans qu'il était là. Deux ans dont il avait profité pour faire beaucoup de choses, et apprendre le plan précis du quartier, entre autres.

Puis il y eut un bruit de cavalcade. Des pas rapides, une course sans aucun doute. Poursuite, peut-être. Deux enfants passèrent devant lui à toute allure. Erwan les reconnut aussitôt. Becky. Et Shawn. Il se demanda distraitement ce qu'elle faisait là, à pourchasser un gamin qui n'en valait pas vraiment la peine. En outre, elle semblait complètement épuisée, et l'épée qu'elle portait ne devait pas l'aider. Au contraire. Le jeune homme les regarda courir, puis continua sa route comme si de rien n'était. Après tout, si la fillette avait envie de jouer à chat dans les rues de BL, c'était son choix. Même si elle semblait passablement énervée. Comme d'habitude, donc. King sourit, amusé. Et bifurqua dans la direction qu'avait pris les deux gamins.

Il arriva au moment fatidique. Un immense filet tomba sur la jeune fille si fragile. D'apparence du moins. Parce que question caractère, c'était autre chose ! Erwan faillit éclater de rire en voyant cela. Il avait beau ne pas aimer qu'on fasse du mal à Becky, car il était le seul à pouvoir le faire, la situation était cocasse. Mais il était le seul à avoir véritablement le droit de l'embêter. Après tout, c'était sa protégée. Même s'il ne se l'était jamais avoué, et qu'il lui avait encore moins dit. Mais même. Ils étaient arrivés en même sur cette île, le même jour, la même heure, la même minute. Ils s'étaient rencontrés là-bas, sur cette plage de sable blanc. Et elle lui avait plu. Tout de suite. Au premier regard. C'était son alliée, maintenant. Il l'appréciait. Il voulait la protéger. C'était comme ça. Inavouable. Impossible à dire, pour sa fierté, son ego. Son image. Mais c'était comme ça.

Il la regarda se libérer d'un immense coup d'épée qui trancha les mailles sans forcer, et il ressentit comme une once de fierté. Comme un père pour sa fille. Sauf que non. Fallait pas pousser le bouchon trop loin non plus ! Alors voilà. Il se contentait de la regarder et de sourire, satisfait, les mains dans les poches. A le voir comme ça, personne n'aurait pu dire qu'il voulait protéger la gamine. Non. On aurait plutôt pensé qu'il en avait rien à foutre. Comme pour la plupart des choses. Il l'observa pendant qu'elle s'éloignait en courant, et approcha du filet tranché, le regard sombre. Il ne souriait plus. Il faisait peur.

Quand sa silhouette apparut, les autres habitants reculèrent de quelques pas. Avec ses habits sombres et les deux prunelles rouges qui ressortaient dans l'ombre de sa capuche, il était plutôt terrifiant. Et c'était le but recherché, à vrai dire. Il empêcha ses lèvres de dessiner un rictus sadique et s'avança encore.


    "Qu'est-ce que c'était ?"


Un des adolescents s'approcha, tremblant comme une feuille. Tout le monde connaissait l’irascibilité presque légendaire du nouveau chef de quartier et personne n'avait envie de se prendre une bonne droite dans la tête.

    "Euuh ... Ben ... C'était ... Becky. Tu sais ... Là ... Becky, la fille. La ... Euuh ... Tigresse ?"


King hocha la tête. Des incapables tous terrifiés. Il leur lança un regard méprisant et marcha droit devant lui, à travers le petit groupe. Ils s'écartèrent, laissant une bonne distance entre eux et lui. Distance de sécurité, hein ... Mieux vaut prévenir que guérir, comme on dit. Il les dépassa, avança encore de quelques mètres, et s'arrêta. Le dos tourné, il déclara :

    "Retournez chez vous, gamins. Je m'en occupe."


C'était un ordre. De ceux qu'on ne peut pas contrer. De ceux auquel on obéit instantanément. Sans avoir si les autres avaient suivi son "conseil", il repartit. Les mains dans les poches, toujours. Becky n'avait pas pu aller très loin, et il serait simple de la retrouver. En outre, elle ne devait pas connaître le quartier aussi bien que lui et il serait facile de la piéger. A vrai dire, il ne voulait pas lui faire du mal. Juste lui faire comprendre que pour sa propre santé, il serait plus sage de rester à Feathers Road. Mais bon ... Il n'était même pas sûr qu'elle suive ce qu'il lui dirait alors ... A quoi bon sa casser la tête ?

    - Et que me dit mon instinct ?


Erwan tendit l'oreille. C'était la voix de Becky. Assurément. Quelle idiote ...! Il se dirigea vers l'origine de la voix, sans prendre la peine ne de pas faire de bruit. Ce qui eut un effet intéressant. La jeune fille sortit de sa cachette en hâte et fonça droit devant elle. Sans voir que celui qui se dirigeait vers elle était une sorte d'ami. Ou un ami tout court, même. Il la vit entrer dans ce qu'ils appelaient tous à BL la maison hantée. Une bicoque délabrée, parfaite pour les frayeurs à se faire entre amis. Un truc sympathique donc, mais qui ne marchait pas beaucoup sur les habitants de Bloody Lane. Il attendit quelques secondes, et se dirigea à la suite de la petite tigresse. Il entra prudemment, sans un bruit. Le but étant de faire sursauter l'adolescente. Un truc stupide, vu qu'elle était armée d'une épée, mais amusant.

    "- Ho mon dieu. Mais qu’est ce que c’est que cet endroit… ?


Il s'approcha encore, sans avoir particulièrement besoin de lumière pour se repérer. Tout près, encore. Tout doucement, légèrement. Silencieusement. Quand il arriva près d'elle, il se baissa à sa hauteur. Il était dans son dos. Il murmura, près de son oreille, d'une voix presque menaçante, terrifiante.

    "Becky ... Becky ... Tu n'aimes pas ma maison ?"
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MessageSujet: Re: Haunted House In madness Jeu 21 Avr - 21:57

La 1ère réaction de Becky ? Les poils qui s’hérissent, les dents qui se serrent, les muscles qui se crispent. Le souffle chaud d’Erwan et sa voix lugubre avaientt suffit à arracher un cri titanesque à la jeune tigresse. Les murs avaient tremblés, et le sol vibrer tellement Becky avait été effrayée. Le noir l’empêchait de savoir qui était à l’origine de la voix, et elle bondit presque à l’opposé de la pièce en détalant comme une furie. Arrivée à la porte d’entrée, elle se jeta sur la poignée, qui refusait de céder. Là voilà coincée parmi les fantômes de Bloody Lane. Ca pouvait pas être pire. En tâtonnant les murs, elle essaya de s’échapper de l’emprise de son invisible poursuivant. Ne pas connaître celui-ci la rendait d’autant plus nerveuse.

A chaque fois, sa main rencontrait toiles d’araignée, morceaux de verre cassés, portraits à la manière des manoirs victoriens, rideaux rongés. Lorsqu’elle revint dans la pièce où elle s’était fait surprendre, il n’y avait apparement plus rien. Enfin, plus grand chose qui bougeait quoi.

Enfin, un fantôme, ça avait pas besoin de marcher après tout. Elle revint sur ses pas, et elle manqua de s’étaler dans les marches, qui étaient apparues d’un seul coup, comme un obstacle sadique. Elle crut bien y rester lorsque son pied traversa l’une des marches en bois, et qu’elle bascula en arrière. En haut, une lampe torche était soigneusement posée sur le sol, et que fut le plaisir de Becky lorsque son pied roula dessus et qu’elle tomba sur les fesses.

- Maudite baraque.

Tout de même heureuse de trouver enfin une source lumineuse, elle balaya le faisceau blanc sur le couloir. Tout ici donnait l’impression de s’écrouler. Même le plafond semblait percer, dévoilant la charpente du toit. Quelques os de souris étaient répandus plus loin, et les lustres dorés étaient des vestiges, superbement décorés par les arachnides. De temps en temps, on pouvait entendre des frémissements. Des mouvements qui s’arrêtaient à chaque fois qu’elle braquait la lumière dessus. Apparemment personne dans les pièces du 1er étage. Toujours ces grattements incessants d’animaux sauvages. Après tout, elle ne savait pas quelles bestioles vivaient dans ce trou à rat.

- Mais comment peut-on s’amuser dans un pareil endroit ?

Elle s’arrêta. Quelques chose venait de surgir dans sa tête. La voix. Celle qui l’avait fait fuir. Déjà, elle lui disait quelque chose. En plus, elle la connaissait. Et ensuite, son souffle était chaud. Donc, un humain, qui aurait pu lui trancher la gorge mais ne l’avait pas fait, se trouvait lui aussi dans la maison hantée. Voilà qui devenait intéressant, mais pas rassurant. Il existait assez d’Esplumoiriens qui la connaissaient et assez de sadiques pour faire durer le plaisir de la voir tourner en rond comme une folle dans cette sombre bicoque.

Elle marcha sur quelques morceaux de miroirs brisés, et retint sa respiration lorsque des ombres passèrent à côté d’elle, l’effleurant, la bousculant. Et son épée ne pouvait pas trancher ces ennemis fantomatiques. Et la chose qui lui fit face était certainement une illusion, mais c’était la plus immonde chose que Becky ait jamais vue. Un amas de goudron coulant, noir tel le charbon, suant les poisons, aux exhalaisons putrides, qui s’étalait sur le mur et qui ondulait dangereusement vers la jeune fille.

- Ha non. Ca suffit là ! Dégage !

Elle tenta de repousser la chose étrange d’un coup de pied, qui se colla immédiatement dans le jus visqueux. Cette chose vivait. Maintenant, Becky n’en avait plus aucun doute. Elle se mouvait et rampait sur sa cheville, glaciale et dégoutante. Puisque cette créature vivait, il n’y avait pas raison pour qu’elle n’éprouve pas de sentiments, ou qu’elle n’ait pas de souvenirs.

Becky braqua la paume de sa main droit vers la chose noirâtre. Une lumière blanche apparut ainsi. Cela donnait toujours une horrible sensation à Becky lorsqu’elle utilisait son pouvoir. Comme une brûlure qui naissait de son cœur, coulait dans ses veines, jusqu’à s’échapper par ses doigts. Comme une crampe incontrôlable. La lumière blanche se diffusa en poudroyant jusqu’aux tentacules sombres et finit par stopper le monstre. Elle retira sa main. Quelques gouttes de sueur perlèrent sur son front, son poignet tremblant, et un rictus contrarié apparut au coin de sa bouche.

Le feu de sa main s’éteignit enfin, et elle respira à grandes goulées l’air poussiéreux du manoir. A chaque utilisation de son pouvoir, elle s’épuisait à toute allure. La chose ne bougeait plus, et elle put se sortir de l’amas inerte. Un craquement retentit non loin.

- Il y a quelqu’un ? Je sais que vous êtes là. Vous n’appartenez pas à mon imagination.

Mais le doute s’était insinué chez Becky, comme le venin se repend dans les artères, et fait exploser chaque petit vaisseau. Chaque neurone qui contenait Becky et sa folie, commençait peu à peu se rompre.




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MessageSujet: Re: Haunted House In madness Lun 25 Avr - 17:20

Le cri perçant déchira le silence de la maison hantée, strident. C'était un hurlement de terreur pure, un rugissement d'épouvante parfait. Il n'y avait rien de faux dans cette exclamation d'effroi, rien de factice. Erwan esquissa un léger sourire de satisfaction, invisible dans le noir. Les murs vibraient encore sous la secousse du son et le sol trembla tandis que Becky détalait en courant, sans perdre une seconde de plus. L'adolescent discerna sa silhouette sombre qui bougeait à travers la pièce. Il connaissait cette maison presque par coeur, ne s'étant pas encore aventuré dans les endroits qu'il jugeaient trop fragiles. Il entendit la jeune fille qui s'acharnait sur la poignée, et le bruit de ses efforts vains le fit sourire un peu plus. Il savait parfaitement qu'elle n'arriverait pas à ouvrir la porte car il n'existait qu'une seule entrée en état et elle se trouvait derrière lui. Hors de portée de la charmante adolescente, donc. Il jubilait presque et son sadisme n'était même pas encore à son maximum. La suite promettait d'être très intéressante.

Erwan la suivit discrètement, sans faire de bruit. Il l'observait, s'amusait de ses réactions. Il réfléchissait aussi. A ce qui allait se passer après. Il comptait la tourmenter encore un peu, mais il cherchait le moyen le plus adéquat. Celui qui la terroriserait encore plus. Becky bougea et ses pas résonnèrent dans le silence lugubre de la maison. Un peu derrière elle, un escalier descendait pour les sous-sols. Ces derniers avaient déjà été explorés par des habitants de BL en manque d'aventure, et armés de lampes électriques, ils avaient découvert de vastes pièces poussiéreuses remplies d'objets en tout genre. Les araignées y avaient bien sûr établi leur domicile ce qui ne changeaient pas du reste du bâtiment.

Juste à côté du premier escalier, un autre prenait place. Il permettait d'accéder au premier étage, qui n'était sûrement pas le plus sûr de toute la maison. Le plancher en bois était pourri et plutôt fragile, cassable facilement. Mais en faisant attention, il était facile d'éviter les endroits dangereux et de les contourner pour poursuivre son chemin. Becky emprunta donc l'escalier ascendant, prudente dans la pénombre. Pas assez sûrement, puisqu'elle posa son pied sur une marche qui se brisa d'un coup sec. Il y eut cependant plus de peur que de mal car elle continua de monter doucement. Erwan s'assura qu'elle arrivait à peu près entière en haut, et grimpa également au premier étage. Il n'eut même pas le temps d'être à la moitié que la jeune fille tomba sur le sol, trébuchant sur un obstacle inconnu. Décidément, et contrairement à la vie "normale", Becky n'était pas bien douée dans les maisons hantées. Elle pesta :


- Maudite baraque.

Jeu de mots ou pas, c'était plutôt bien dit. Hanté, maudit ... C'était du pareil au même de toute façon. Un faisceau de lumière blanche et crue apparut alors. Erwan haussa un sourcil. Les apprentis explorateurs avaient-ils oublié de ramasser leurs affaires ? Ce n'était cependant pas un détail trop gênant, mis à part que l'adolescente risquait de le voir s'il restait là. Il se hissa sur le palier supérieur, passant juste derrière la jeune fille en la bousculant un peu. Histoire de lui faire comprendre qu'elle n'était pas seule, même si elle devait déjà le savoir. Il se glissa alors discrètement dans un renfoncement sombre et sale, attendant la suite. Qu'allait-elle faire maintenant, cette pauvre fillette, seule face à la terrible réalité de Bloody Lane ?

La demoiselle balaya l'étage de sa lampe, dévoilant les trous des murs ou du plafond, voire même du sol. Quelques rats détalèrent joyeusement entre les pieds d'Erwan, couinant à tout va. Quelques araignées bronchèrent, bougeant légèrement et faisant frémir leurs toiles immenses où étaient emprisonnées nombre de petites bestioles en tout genre.


- Mais comment peut-on s’amuser dans un pareil endroit ?

Au fond ... C'était une bonne question. Mais Becky ne pouvait comprendre la réponse. Il y avait une telle différence entre les habitants de Feathers Road et ceux de Bloody Lane ... Erwan esquissa un rictus. L'adolescente marcha sur des bouts de verre brisés tandis qu'un truc non identifié et noir apparaissait. Genre goudron visqueux mélangé à des morceaux de charbon et toute autre chose du même genre. Une bestiole immonde donc, et parfaitement répugnante.

- Ha non. Ca suffit là ! Dégage !

L'adolescent faillit éclater de rire, mais il se retint de justesse. La terreur de Becky était presque jouissive. Il s'approcha encore un peu, jusqu'à discerner avec précision la silhouette de l'amas dégoulinant. Si on regardait bien, on pouvait voir sur le haut du tas gélatineux un symbole japonais : 申込 . Qui voulait dire soumission, en bon américain. Encore un tour des petits Winters, toujours prêts à terroriser les éventuels visiteurs de la maison hantée. Le propriétaire de cette chose lui avait intégré une série d'ordres, comme avancer vers tout intrus jusqu'à qu'il parte en courant et en hurlant. Le golem, car on pouvait sans doute l'appeler ainsi, agissait dans un périmètre précis. Et heureusement pour lui, Erwan ne se trouvait pas tout à fait dans la zone.

Avide d'un spectacle des plus amusants, le jeune homme regarda attentivement sa petite protégée sans pour autant lever le pouce pour lui venir en aide. Totalement stupide, elle donna un coup de pied dans la masse, sa jambe restant en partie engluée. Elle se jetait dans la gueule du loup, quoi. Erwan était impatient de savoir comment elle allait se débrouiller pour s'en sortir, et si jamais cela dégénérait trop, il connaissait le mot de passe pour désactiver le monstre. Mais pas tout de suite, pas maintenant. Le show ne faisait que commencer !

Becky braqua alors sa main devant elle, comme si sa petite peau fragile pouvait faire quelque chose. Mais contre toute attente, une lumière blanche apparut, vive. La lampe torche roula loin, hors de portée de la jeune fille, et s'éteignit dans un dernier grésillement. La lueur se diffusa doucement sur les tentacules de la bête, jusqu'à l'enrober totalement. Ce qui eut l'effet escompté car le golem s'arrêta, inerte, et la fillette extirpa non sans mal son pied. Il n'y avait plus de lumière, mais Erwan voyait toujours la fine silhouette de la petite tigresse. Sans avoir besoin de réfléchir spécialement, il compris qu'en utilisant sa plume d'amnésie, Becky avait effacé les ordres, désactivant ainsi le golem. Ingénieux, mais sûrement involontaire.

Erwan s'avança encore un peu, et le plancher grinça sous ses pieds. Il se glissa doucement derrière l'adolescente, comme un peu avant, juste derrière son dos.


- Il y a quelqu’un ? Je sais que vous êtes là. Vous n’appartenez pas à mon imagination.

"Becky ... Becky ... Qui suis-je ?"

Il avait mumuré de sa voix douce, à l'instar de celle qu'il utilisait pour charmer les filles ou les hommes. Une voix de manipulateur endurci et expérimenté. Un rictus sadique éclaira son visage. Le spectacle allait enfin vraiment commencer. A moins que Becky fasse marcher son cerveau ... Et devine qui il était.
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MessageSujet: Re: Haunted House In madness Mer 27 Avr - 19:17

"Becky ... Becky ... Qui suis-je ?"

A présent, la voix ne l’effrayait plus. Elle était douce, et ne cherchait pas à lui faire peur autant que la première fois. Cela se sentait. Ou alors la cumulation de poussière, qui s’était emmagasinée dans son cerveau depuis le temps, avait commencé à faire rouiller son système auditif. Youpi. Elle se retourna, sans flancher, jetant tout de même un regard en coin à sa meilleure amie depuis son arrivée ici, la lampe torche. Elle avait l’air plutôt mal en point. Amen.

Elle leva ses mains, et commença à tapoter les épaules de l’inconnu. Ce qui était bien, c’était qu’il avait des épaules déjà. Et puis, une tête devait aussi s’y trouver, puisque ce sombre être lui avait parlé. Plutôt grand, mais ceci n’aiderait pas Becky à deviner l’identité de son interlocuteur dans le noir. Ho, mais au vu de sa taille, ce devait être un garçon. Ou alors une mannequin surfaite avec des talons géants. Elle vérifia immédiatement en posant ses mains sur sa poitrine. Plate.

Avec une taille pareille, si c’était une demoiselle, elle devrait avoir un minimum de seins. Donc, c’était un homme. Peut-être un Bloody Lane, vu qu’on était dans le quartier.

- Ok, cowboy. Heu… Ravie de te rencontrer.

Elle recula d’un pas. L’addition fut étonnamment rapide. Bloody Lane + Becky = Gros problème en perspective. Donc, s’éloigner du dangereux psychopathe pouvait être une excellente idée. C’est donc ce que fit Becky. Elle se pencha, se sentant observée, et tâtonna du bout des doigts le plancher grinçant.

*Jolie Lampe, viens éclairer les doutes de Becky. ~*

Mais ses doigts ne rencontrèrent pas la lampe. Ho non. Loin de là. Sinon, cela n’aurait pas été marrant. Et l’histoire aurait sans doute pris fin ici. Non, sa main rencontra tout autre chose. Une poignée. Mais pas la classique poignée de porte qui va avec la serrure et tout son système incompréhensible. Non, une poignée que l’on tire. Sans hésiter, parce que la curiosité de Becky était si féroce qu’elle dictait la moitié de son existence, elle la tira donc d’un grand coup sec. On entendit un mécanisme s’enclencher dans toute la maison, comme si celle-ci vivait et chantait. Un dernier bruit l’avertit que c’était terminé. La bestiole noire au fond, qui s’était apparemment remise de ses émotions, s’était tassée dans un coin et tremblait comme de la gelée. Sauf qu’elle ne devait pas avoir le même goût.

Le plancher trembla, et Becky ne bougeait pas. Bientôt, ses pieds rencontrèrent du vide
Et elle se sentit tirée en arrière, comme si des dizaines mains s’étaient accrochées à elle. Elle eut juste le temps d’attraper le bord. Elle avait actionné un piège, qui devait certainement laissé le temps au sournois malfaiteur d’attirer sa frêle proie jusqu’ici. Une cavité s’ouvrait alors, menant droit au rez-de-chaussée. Mais la chute pouvait être mortelle s’il on tombait mal. Heureusement pour Becky, l’adrénaline existait. Parce que ses réflexes s’étaient payés des vacances avec alcool et nutella compris dans le package. Même si perché comme cela, elle devait avoir l’air très très intelligente, elle osa :

- Y’a quelqu’un ? puis après un petit temps de réflexion, Autre que le fou dangereux qui me pourchasse ? Non ? Tant pis. ~


Et sans demander son reste, elle se laissa retomber au rez-de-chaussée. Retour à la case départ. Sa vie commençait à prendre une routine dangereuse. Si elle continuait, il se pourrait bien qu’elle y séjourne définitivement. La parquet craqua. Boule noire non Identifiée ? La réincarnation de Jason du fameux film d’horreur ? Ou encore la revanche de la Lampe Torche ? Avec en bonus le bêtisier des scènes ratées. Des moments inoubliables…
Passons.

Dans l’une des pièces du rez-de-chaussée se trouvait un vieux canapé miteux, et une table basse agrémentée de son service à thé baroque. Enfin, ce sont les deux premiers meubles dans lesquels Becky percuta, se guidant à l’aveuglette. En tâtant le mur, elle devina un chandelier. Elle tenta de l’arracher, mais elle réussit juste à le tirer en avant. Un nouveau mécanisme se mit en route et elle déguerpit, se prenant dans les pieds dans le rideau, puis dévalant jusqu’au canapé où elle se crasha. Celui-ci ne résista pas au choc et bascula, emportant la jeune fille. Trois flèches allèrent la seconde d’après se planter dans le défunt canapé, libérant le rembourrage grisonnant. Puis, il y eut un grincement de porte qui s’ouvre.

Elle se dirigea vers l’origine du son. Un passage secret. Peut-être le QG ultra secret des frapadingues. Une unique ampoule semblait éclairer le couloir, clignotant à intervalles irréguliers. Elle s’avança, et trouva un socle de pierre. Il ne semblait pas avoir été beaucoup touché. Peu de gens avait donc découvert ce passage secret, ou n’avait pu passer cette épreuve. En cherchant, elle découvrit ce qu’elle cherchait. Un couteau, une aiguille et une plume de verre.

- L’aiguille est empoisonnée,
Car tu devras tracer la voie sacrée,
D’une plume de cent ans,
Et d’un poignard de sang.


Elle s’entailla le pouce d’un léger coup de couteau et dessina de son autre main un rond parfait sur le socle à l’aide de la plume. Une goutte de son sang perla et tomba au centre du cercle dessiné. Elle reposa le couteau et laissa tomber une seconde goutte de sang sur l’aiguille afin de tromper les malheureux qui trouveraient un jour ce passage.
Le socle trembla et dévoila une nouvelle porte secrète. Aucune vie n’était passée ici avant Becky. Pas d’insectes, ni de toiles, ou de traces de pas. Seulement un peu de poussière qui voleta au passage de Becky. Elle s’enfonça dans les entrailles de ce lieu, tout en laissant son doigts glisser le long des spirales des murs, finement ciselés. Le sort de traduction avait beau être très puissant, il ne semblait pas pouvoir agir sur ces écrits antiques. Une langue incompréhensible pour un œil amateur.

- Dis-moi, homme mystère, tu comptes me suivre encore longtemps ?

Elle laissa glisser un sourire sur sa bouche enfantine, et un rire fauve s’échappa d’entre ses lèvres. Elle se sentait plus en sécurité dans un lieu dont elle en connaissait les forces diaboliques, que dans cette maison hantée truffée de pièges. Elle continua sa marche. Elle avait posé la question sans même vérifier que quelqu’un l’écoutait. En arrivant devant une immense porte dorée, constellée de pierreries multicolores, elle s’humecta les lèvres.

- Cette porte est magique. Notre esprit y analyse un passage vers ce que l’on souhaite le plus. Certains y imagineront une quantité improbable de richesse, un être cher disparu, l’immortalité, et d’autres désirs... inaccessibles.

Elle toussota en riant légèrement. Elle avait lu assez d’écrits de légendes et sur la création de l’île pour connaître quelques secrets et pièges d’Esplumoir. Des sanctuaires, si bien cachés que l’on devait être un érudit pour tous les trouver. Et surtout posséder de la chance.

- Moi, j’y vois mon frère. Mais cette porte est un piège mortel. Derrière, il y a seulement un gouffre et d’autres horreurs, qui font qu’une fois le seuil, on ne pourra plus jamais faire demi-tour. Elle est aussi munie d’un excellent pouvoir d’envoûtement. C’est pourquoi, on ne fera pas attention à cette misérable porte en bois.


Elle s’accroupit car cette fameuse porte n’était pas bien haute, et commença à chercher du bout des ongles un signe ou une inscription.

- Es-tu prêt à pénétrer dans un sanctuaire ?

Pour elle-même, la question ne se posait plus. Elle savait ce qui s’y cachait et voulait le récupérer. Mais si son accompagnateur inconnu voulait la suivre, il devait se montrer, parce que rester loin de Becky, c’était s’exposer à des dangers mortels et souvent douloureux. Son doigt appuya contre une dalle miniature et la porte en bois coulissa dans un crissement rocailleux.

- Pour moi, le voyage continue. Même si je peux sentir que ton scepticisme est grand, si tu veux poursuivre l’aventure, il faudra m’écouter et m’obéir au doigt et à l’œil. Cet endroit est construit pour qu’on y reste à jamais. Alors… Qui es-tu réellement… Erwan ?




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MessageSujet: Re: Haunted House In madness Mer 11 Mai - 15:43

Il ne voulait pas lui faire peur. Juste lui montrer qu'il était le chef, le meilleur. Que c'était lui qui décidait, toujours. Qu'il était le roi. Le King, comme il s'appelait. Son père avait bien choisi son prénom. Il était chez lui, là, dans cette maison qu'on disait hantée, truffée de pièges à chaque tournant, dans chaque pièce, chaque recoin. Il se sentait bien, entouré de cette pénombre menaçante et dangereuse. Il avait toujours vécu dans l'ombre, proie de multiples tourments et problèmes et pourtant leader incontestable après la mort de son père. Et là, juste dans le dos de Becky, il se sentait en pleine forme, en possession de tous ses moyens.

Cette dernière se retourna vivement, sans lui laisser le temps de s'échapper. Elle était tout près de lui, presque collée sans qu'ils puissent pour autant se voir. Erwan ne distinguait que vaguement la petite silhouette de la jeune fille, si frêle et fragile d'apparence. Elle commença à lui toucher les bras, les épaules. Puis elle posa ses deux mains sur le torse du jeune homme. Bon ... Au moins elle savait qu'il était grand, musclé et que c'était un garçon. Même si sa voix aurait dû lui indiquer de précieuses informations depuis quelques temps déjà. Après tout, ils se connaissaient plutôt bien et elle l'avait déjà évidemment entendu parler ! Alors pourquoi ne l'avait-elle pas encore reconnu ? Etait-elle tellement terrorisée que son cerveau ne marchait plus correctement ? La rencontre avec le golem ne lui avait apparemment pas réussi ...


    - Ok, cowboy. Heu… Ravie de te rencontrer.


Erwan sourit discrètement, rictus invisible dans les ténèbres. Et pour celui ou celle qui aurait eu la malchance de le voir, il ou elle en aurait frissonné de peur ... Cela n'augurait rien de bon. Elle dut alors comprendre qu'elle venait de tomber sur un danger nettement plus important que la créature goudronneuse qu'elle avait malheureusement trouvé auparavant car elle recula d'un pas. Comme si elle avait quelque chose à craindre. Ce qu'elle pensait peut-être vraiment au fond, puisqu'elle ne savait pas à qui elle avait à faire, et Erwan n'avait pas encore daigné se présenter. Si elle avait su, il était évident qu'elle n'aurait rien fait et qu'elle serait peut-être même restée collée à lui. Peut-être. Pourtant, pour le jeune homme, il était impensable qu'il pourrait faire du mal à Becky. Affaire réglée, donc.

L'adolescente se baissa alors, sûrement à la recherche de la lampe qui était cependant hors de portée de ces petits bras. Erwan ne sut pas ce qu'elle trouva, mais il eut juste le temps d'entendre un claquement sec, comme quelque chose que l'on tire brutalement, puis un bruit de roulis mécanique qui n'annonçait vraiment rien de bon. Comme si la maison allait s'écrouler sur eux, pour le ensevelir sous des décombres innombrables et mortelles. Sauf que non. Il n'y eut juste qu'un dernier bruit qui informa que tout était fini. Depuis que Becky avait reculé, le jeune homme n'avait pas esquissé un geste. Bien lui en prit, car un grincement sourd résonna dans tout l'étage supérieur, juste en dessous des pieds de la jeune fille ... qui tomba dans le trou. Deux petites mains apparaissaient encore sur le bord de la cavité, signe qu'elle n'avait pas perdu tous ses réflexes à cause de la peur.


    - Y’a quelqu’un ? puis après un petit temps de réflexion, Autre que le fou dangereux qui me pourchasse ? Non ? Tant pis. ~


Fou dangereux ? Et bien, ça promettait ... Erwan laissa échapper un petit rire désabusé, comme pour signaler qu'il était bien encore là, mais qu'il n'y avait que lui. Et que personne d'autre n'aiderait cette petite jouvencelle en détresse. Ce qui était assez amusant cela dit. Un autre bruit sourd lui apprit que Becky s'était tout simplement laissée tomber au rez-de-chaussée, là où tout avait commencé. Voulait-elle refaire l'histoire ? Genre prendre la télécommande de la télévision et appuyer sur le bouton marche arrière puis play ? Sauf que non. L'histoire ne marchait pas comme ça. Il n'y avait ni télévision ni commande. Juste deux adolescents amis mais ennemis par leur quartier respectif.

Erwan attendit quelques instants, pour être sûr que Becky n'était plus en dessous de la trappe, puis il sauta dans le trou et atterrit sur le plancher sans encombres. C'était un jeu d'enfant pour lui ... Il l'avait fait si souvent, dans son ancienne vie, pour s'échapper ... Quitter les lieux dangereux ou des trucs du genre. La routine, quoi. Il suivit discrètement sa protégée, sans faire de bruit. Il se doutait qu'elle savait qu'il était là, mais il s'en moquait. Il avait toujours fait preuve de discrétion et ce n'était pas aujourd'hui qu'il allait changer. Il entendit de nombreux bruits de choc et il se demanda comment elle pouvait bien faire pour se prendre autant de meubles alors qu'il était pourtant si facile de se déplacer dans la pénombre ... Non vraiment, il ne comprenait pas. Soit elle faisait exprès, soit elle avait vraiment du mal. Ce qui prouvait qu'elle n'était pas douée et qu'elle ne ferait pas une bonne espionne ou cambrioleuse. Question silence, c'était pas encore ça pour elle.

Quelques secondes plus tard, trois flèches plutôt bien aiguisées allèrent se planter dans le canapé qui venait de se renverser. Décidément, cette maison était bien dangereuse ... Et Becky, impotente comme elle était, se prenait assurément tous les pièges. Cela lui donnerait ainsi une leçon ! Quelques minutes après, une porte s'ouvrit dans un grincement des plus inquiétants, à donner des frissons aux faibles et aux enfants. Mais Erwan n'était ni faible ni un enfant. Affaire réglée, next ! Sans hésiter, le jeune homme se dirigea vers le son, comme le faisait également Becky. Il la laissa passer la première, puisqu'il semblait qu'elle désactivait les pièges un par un tout en restant indemne. Ce qui était une bonne chose, et même si l'on pouvait appeler ça de la lâcheté de la part de l'adolescente, il n'en avait strictement rien à faire.

Une lumière blafarde éclairait un couloir sale et poussiéreux, qui n'avait sans doute pas été utilisé depuis longtemps. Erwan l'observa à la faible lueur de la l'ampoule clignotante, se demandant quel pouvait être cet étrange rituel. La lame d'un couteau étincela doucement. Il haussa un sourcil, surpris. Qu'est-ce que c'était encore que c'te merde ?


    - L’aiguille est empoisonnée,
    Car tu devras tracer la voie sacrée,
    D’une plume de cent ans,
    Et d’un poignard de sang.


Dans le genre macabre, tu fais pas mieux ... Pour la première fois de sa vie, Erwan ne comprenait pas grand chose à ce qu'il se passait devant lui. Sauf que contrairement à ce qu'on aurait pu penser, il n'avait pas peur. Pas le moins du monde. Il était juste surpris et attentif, impatient de savoir la suite. Qu'allait-il se passer, maintenant ? C'était bizarre, tout de même. Un peu auparavant, Becky ne semblait pas connaître la maison hantée, terrorisée qu'elle était par un simple golem. Et là c'était comme ... Comme si elle avait fait ça maintes et maintes fois. C'était ... perturbant. Mais intéressant, à ne pas nier.

Une fois qu'elle eut fini son étrange manège, une nouvelle porte s'ouvrit et dévoila un autre couloir vide de tout être vivant. Seules quelques particules de poussière s'imposaient dans le paysage, comme si elles avaient toujours été là. Erwan attendit que Becky avance pour marcher à son tour. Il jeta un rapide coup d'oeil au socle de pierre et put voir le cercle parfaitement dessiné, la goutte de sang en son centre et celle sur l'aiguille. Il passa rapidement devant et s'engagea également dans le couloir, derrière la jeune fille.


    - Dis-moi, homme mystère, tu comptes me suivre encore longtemps ?


Erwan ricana, et son rire se répandit dans le corridor, résonnant entre les murs de pierre comme une chanson funèbre.

    "Et pourquoi pas ?"


Becky rit également, plus sauvagement. A l'instar de la tigresse qu'elle était. Dangereuse. Mais pouvant parfois être douce et gentille. Un gros chat, quoi. Cependant, contrairement à la jeune fille, Erwan se sentait plus chez lui dans la maison que dans cet étrange passage dont il ne connaissait rien. Il ne savait même pas ce qu'il faisait là, d'ailleurs. Dire qu'il s'était engagé là pour chasser Becky de BL, il se trouvait derrière elle à essayer de comprendre ce qu'il pouvait bien foutre ici. A part la suivre, évidemment. Ils arrivèrent ensuite devant une immense porte qui semblait faite d'or, incrustée de pierres précieuses et colorées. Genre entrée du paradis. Et pour le voleur qu'il était, Erwan trouvait cela tout à fait magnifique.

    - Cette porte est magique. Notre esprit y analyse un passage vers ce que l’on souhaite le plus. Certains y imagineront une quantité improbable de richesse, un être cher disparu, l’immortalité, et d’autres désirs... inaccessibles.


Ohhh ... Les choses devenaient de plus en plus intéressantes. Erwan ne savait pas ce qu'il voulait le plus. Il ne connaissait pas son désir le plus cher. A part peut-être retrouver Dean ... Qui l'avait si sauvagement quitté après lui avoir enseigné tant de choses. Dean qui était partit sans se retourner, sans laisser de mot, du jour au lendemain. Dean qui avait failli détruire sa vie. Il le haïssait et l'aimait en même temps, d'une haine aussi forte que l'amour qu'il lui portait. Il était partagé, mais il n'avait jamais montré ses sentiments. A personne. Car il était fort, car il était le chef. Car il était le roi.

    - Moi, j’y vois mon frère. Mais cette porte est un piège mortel. Derrière, il y a seulement un gouffre et d’autres horreurs, qui font qu’une fois le seuil, on ne pourra plus jamais faire demi-tour. Elle est aussi munie d’un excellent pouvoir d’envoûtement. C’est pourquoi, on ne fera pas attention à cette misérable porte en bois.


Les yeux d'Erwan quittèrent presque à regret la porte pour glisser vers celle en bois, miteuse et abîmée. A choisir, il préférait celle en or, qui aurait pu lui donner ce qu'il voulait. Une dernière vision de celui qu'il avait aimé - et qu'il aimait toujours - avant de tomber dans le gouffre. Avant de mourir, peut-être. Quoique ... La vie était belle pour lui, et elle méritait d'être vécue. Il ne pouvait pas mourir, pas maintenant. Pas si jeune. Il avait encore tant de choses à faire.

Becky s'accroupit et gratta la porte, à la recherche de quelque chose qu'elle seule savait. Elle ne s'était pas encore retournée vers lui, alors qu'il était si près. A quelques mètres seulement, parfaitement visible et reconnaissable. Sauf que non. Elle était tellement absorbée par ce qu'elle faisait ... De toute façon, Erwan était persuadé qu'elle ne tarderait pas à découvrir sa véritable identité, et cela ne le gênait pas. Le secrevt avait de toute façon assez duré.


    - Es-tu prêt à pénétrer dans un sanctuaire ?


Il ne répondit pas, attendant la suite. Bien sûr qu'il était prêt. Il ne voyait pas vraiment pourquoi il devait avoir peur, et quitte à souffrir, il l'avait déjà assez fait pour savoir qu'il pouvait endurer beaucoup avant de céder. Il ne savait pas ce qu'il y avait derrière cette porte, ni ce qui allait se passer après qu'ils soient entrés. Mais il était curieux de savoir. Peut-être était-ce quelque chose de dangereux, qui pourrait le rendre plus fort encore ? Plus puissant ? Certes, sa plume n'était pas des meilleures, mais il s'en moquait. Bien utilisée, elle pouvait faire des merveilles. La porte coulissa alors, grinçante.

    - Pour moi, le voyage continue. Même si je peux sentir que ton scepticisme est grand, si tu veux poursuivre l’aventure, il faudra m’écouter et m’obéir au doigt et à l’œil. Cet endroit est construit pour qu’on y reste à jamais. Alors… Qui es-tu réellement… Erwan ?


Obéir ... Erwan ne recevait des ordres que de son père. Il n'avait pas pour habitude de faire ce que les autres lui demandaient. Mais ... Exceptionnellement ... Peut-être pourrait-il mettre son orgueil de côté et écouter ce que Becky lui disait. De toute façon, autant se dire que même s'il n'avait pas envie, il fallait qu'l le fasse pour la jeune fille. Car il n'avait pas envie qu'elle y reste. Et elle semblait s'y connaître de toute façon bien mieux que lui. Il haussa les épaules.]

    "Qui suis-je, hein ? Les noms ont-ils une importance ? T'as juste b'soin d'savoir que j'te suis, Becky.'"


Il ne savait pas vraiment pourquoi il ne lui avait pas dit son prénom. Mais de toute façon, elle avait vu juste alors ... Ce n'était plus la peine de se cacher. Il avança vers elle, et ses pas résonnèrent sur les dalles de pierres. Il s'arrêta près d'elle, juste à côté. Jusqu'à sentir la chaleur de son corps. Et il lui ébouriffa les cheveux, affectueusement.

    "T'as intérêt à m'dire ce qu'on fout là, Beck. "


Sinon quoi ? Il n'en savait rien. Il savait qu'il ne pourrait jamais lui faire de mal. Jamais.
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MessageSujet: Re: Haunted House In madness Dim 3 Juil - 20:55

"Qui suis-je, hein ? Les noms ont-ils une importance ? T'as juste b'soin d'savoir que j'te suis, Becky.'"

'Tin. Il recommençait à la prendre pour une gamine. Une ptite fofolle droguée à on ne sait quel dopant. Et puis, il lui ébouriffait les cheveux, quoi, l'air de dire que c'était une brave fifille bien docile. Elle aimait pas ça. Mais bon. Quand tu fais la moitié de la taille du mec en face de toi, tu la boucles. Donc, elle laissa juste échapper un "Humph". Et puis...

"T'as intérêt à m'dire ce qu'on fout là, Beck."

Il la menaçait, ce qui n'était pas très gentil de sa part. Elle avait tout de même actionné la moitié des pièges de la maison hantée au péril de sa vie. Et là, elle continuait de le protéger. D'une certaine façon... Elle le fixa, du haut de ses 1m40.

- J'sais pas encore à quoi ça va nous servir d'nous enfoncer là-dedans. Mais ça promet d'être marrant.

Bon, c'était pas la meilleure réponse qu'on puisse donner. Mais c'était la première qui lui était venue, sans réfléchir. Elle aimait bien ça. Ne pas utiliser son cerveau. Mais on l'aura déjà constaté par le passé. C'était sa devise de la vie. "Regarde comme je n'ai pas besoin de réfléchir pour me mettre dans des situations dramatiques. C'est cool, hein ?" C'était comme si sa taille était proportionnelle à sont intelligence. Compactée. Alors, du coup, ça ramait dans la matière grise. Rien que le temps que l'information monte jusqu'au cerveau. Épique.

Mais là maintenant, elle se trouvait dans un sanctuaire caché d'Esplumoir, en compagnie d'Erwan, le chef des Bloody Lane, un géant blafard. Et c'était trop marrant à ses yeux. Elle avait le contrôle. Elle savait où elle allait. Elle avait lu ces trucs et légendes sur Esplumoir. Elle pouvait pas se planter. Elle passa sa tête par la petite porte, et se glissa à l'intérieur. Toujours des passages, puis des portes, des couloirs vides, et encore des passages, doublés de portes... La foire à gogo.

- Tu vois. Il y a au fond un trésor. J'sais pas lequel. Mais y'en a un. Ça va être chouette.


Elle avait perdu tout son sérieux. On aurait dit une gamine de son âge, qui s'amusait comme une petite folle dans un parc d'attraction. Voilà longtemps que Becky n'avait pas ressemblé à une petite fille, dans sa façon d'agir. Elle, c'était plutôt le style "T'approche pas ou tu vas tâter d'mon épée.". Ce qui lui conférait un semblant de maturité, mais aussi une violence qui en faisait reculer plus d'un. Mature très jeune, au frémissement de son adolescence, elle a su s'imposer auprès d'un monde de brutes et d'injustice. Maintenant, sur Esplumoir, elle refusait qu'on rentre sur son territoire.

Et là, elle était embraquée avec le charmant et très chaleureux Erwan, vers de supers aventures, où ils pourraient voir la mort à l'angle d'un couloir. Avec des pièges palpitants, des sursauts, de l'action, un scénario d'enfer qu'on pourrait en écrire un livre entier et en faire une adaptation cinématographique.

Sans se rendre compte qu'elle marchait tout en réfléchissant, elle s'arrêta dans une pièce circulaire, où se diffusait une lumière bleutée, très reposante. C'était comme si cette clarté froide vous emplissait le cœur, et vous soulageait des épreuves passées. Elle vous emportait loin, quelque part qui vous rappelait de bons souvenirs.
Becky se souvint alors de sa petite famille. Son Peter, qui devait avoir 12 maintenant, un petit frère un peu renfermé sur lui-même. Oui, cela faisait 2 ans déjà qu'elle était sur cet îlot. Cela faisait 7 ans qu'elle n'avait plus de nouvelles de son très cher papa, arrêté pour trafic de drogues. Ou de son beau-père, le tyran de la maison. Ou de sa mère, qui avait donné naissance à un petit garçon avec son nouveau compagnon, peu avant la disparition de Becky.

Non, elle était arrivée sur Esplumoir, en ce jour de fête, sur cette plage de sable fin, et quand elle avait ouvert les yeux, elle avait crû que l'ombre à côté d'elle venait l'accueillir au paradis. Mais en fait, elle avait découvert un ange déchu, qui s'était échoué tout comme elle, sur cette île maudite. Erwan King Blackstone. Un Bloody Lane.

Un regard. Et elle avait compris qu'ils se reverraient. Plus tard. Ce jour était arrivé. Et ils étaient là, dans cette pièce qui vous menait droit vers un bonheur oublié. Que pensait Erwan à ce moment-ci ? Ressentait-il toutes ces ondes qui frottaient les murs de leurs longs bras transparents ? Comme si l'ambiance avait changé au moment où ils avaient pénétré cette pièce.

Spéciale, et mystérieuse, furent les deux adjectifs que Becky isola dans sa tête. Puis, elle commença à observer les murs. Elle cherchait parmi les inscriptions écrites en vieux langage, quelque chose qui les mettrait sur la voie. Tout en glissant son doigt, comme si elle lisait les lignes d'un livre, dont les caractères seraient taillés dans la roche, elle raconta :

- Voyageurs des profondeurs, vous voilà arrivés dans la pièce de transition. Derrière ces murs se cachent les prochaines étapes dont vous aurez à faire face. La prochaine n'est pas des moindres, car vous aurez à affronter seul votre plus grande peur. Soyez braves et armez vous des armes de cette pièce. Vous en aurez besoin. La porte s'ouvrira pour accueillir un par un les aventuriers.

Becky se retourna vers Erwan, puis promena son regard aux alentours. Elles étaient où ces armes ? Elle fouilla chaque coin d'ombre, s'activant à chercher des entailles, qui ouvrirait elle ne savait quel passage. Et puis, elle tâta un peu et trouva une sorte d'inscription en forme de serrure. Elle posa le doigt dessus et se sentit aspirée de l'intérieur. La joie qui l'entourait disparue, et son cœur eu un raté violent, ce qui la plia en deux. Elle ouvra les yeux et découvrit un couloir sombre. Elle avait quitté la pièce bleue, et se trouvait seule. Elle frappa longtemps de toutes ses forces sur le mur, en criant le prénom d'Erwan, puis se résigna.

L'épreuve pouvait commencer.

Elle avança, en serrant contre sa poitrine son épée de bois. Des voix l'entouraient, et elles chuchotaient. Elles chantaient quelques fois quelque chose d'effrayant et Becky faisait des sursauts titanesques avant de reprendre sa route dans le noir. Puis, elle marcha dans une flaque d'eau. Elle regarda sa chaussure trempée, en avalant sa salive avec difficulté. L'eau commença à monter à toutes vitesses. Elle se retrouva bientôt avec des litres de liquide froid jusqu'aux hanches, continuant d'affronter le flot continuel.

Et puis, une vague déferla, et son cri retentit, puis se noya dans les eaux noires. Elle remonta et respira une grande goulée d'air, se faisant frapper par les courants contre les murs de pierre. Et puis, en agitant les jambes, elle essayait de se maintenir sa tête hors de l'eau. Mais ne sachant pas nager, elle coula brutalement, asseyant de se propulser avec ses bras vers l'air, mais maintenue sans cesse sous les eaux noires.

Elle commença à avoir des vertiges, délira. Puis, elle ferma les yeux, et la dernière bulle d'air que contenait ses poumons s'envola doucement vers la surface. Son cœur ne battait presque plus. Et ses lèvres décrivirent un mot. Car la seule arme dont l'ancienne pièce disposait, c'était le souvenir le plus chaleureux qu'elle puisse avoir.

- ...Peter....

Et puis, elle plongea encore et encore, toujours plus loin. Et puis l'eau se retira. Ses habits étaient trempés, et ses lèvres devenues bleues, ses yeux rouges injectés de sang, et son épée, toujours aussi inutile, reposait à ses côtés. Son corps était allongé sur la pierre froide. Et dans un élan de survie, elle cracha le reste de liquide resté dans ses poumons. Sa respiration reprit, tout d'abord saccadée, puis calme. Elle se releva et s'appuya contre un mur, sans porter plus d'attention au nouveau décor qui l'entourait, et attendit l'arrivée d'Erwan.

- Allez. Reviens, espèce d'idiot blafard..., dit-elle pour elle-même, en croisant les doigts pour qu'il ait survécu à sa peur, lui aussi.

D'ailleurs, de quoi Erwan pouvait-il avoir peur ? Et même craignait-il quelque chose, quelqu'un ? Becky ne connaissait pas la corde sensible de cet être qu'elle avait amené avec elle. N'était-ce pas trop imprudent de sa part ? Allait-elle le retrouver ? Et si oui, serait-il en pièces détachées ou sain et sauf ?

Toutes ces questions qu'elle se posait, et lui arracha un sanglot étouffé. Elle ne voulait pas qu'il meure par sa faute. Alors elle se laissa glisser contre le mur, et referma ses bras sur ses jambes, formant une bulle protectrice autour d'elle. C'était tellement trop. Il avait beau accepté. Il ne pouvait pas savoir ce qui suivrait, cela pourrait être pire. Il avait peut-être signé sa mort. Becky, elle, s'en fichait de mourir. C'est ce qu'elle voulait. Mourir sur l'île et ne plus jamais avoir à revoir ses idiots de géniteurs ou son beau-père. Elle tuerait même son demi-frère si elle avait le choix entre lui et son frère. Mais lui, n'avait rien choisi, il n'avait fait que suivre et c'était égoïste de sa part, à elle, de l'avoir attiré dans le filet du diable.

Elle aurait dû le prévenir de la nature des épreuves qui les attendait, et non un simple avertissement. N'importe qui d'un peu courageux et brave aurait accepté. Mais elle emmenait le chef des Bloody Lane peut-être vers sa fin. Ce qui accentuerait cette guerre, et la plongerait sans doute vers une issue sans fond.

Alors, elle releva la tête et ne sachant même pas si quelqu'un l'entendrait derrière la paroi des larmes qui ruisselait sur son visage, elle murmura son prénom, sans cesse. En se demandant encore et encore les mêmes questions. Toujours à attendre, dans l'inquiétude, de perdre quelqu'un qu'elle aimait bien. Quelqu'un qui ne la voyait donc pas comme le danger public numéro un.

Et elle hurla, à faire trembler les murs, à faire secouer le sol, à réveiller les morts, son prénom, le sien. Celui de son ami. Ses lèvres bleues s'ouvrirent sur un spasme incontrôlable.

- ERWAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAANN !




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MessageSujet: Re: Haunted House In madness Mer 20 Juil - 22:05

Erwan se demandait sérieusement ce qu'il faisait là, en seule compagnie de sa petite protégée. Et surtout, comment il était arrivé là. Comment une simple course poursuite dans une maison hantée avait-elle terminée en visite guidée dans les sous-sols de ladite maison hantée ... C'était complètement dément mais terriblement intéressant. Surtout que vu la couche de poussière qui recouvrait les murs, personne n'avait dû passer par là depuis un bon petit bout de temps. Et savoir qu'ils allaient découvrir des secrets inconnus de tous - le principe même du secret, on est d'accord - le captivait presque. Mais fidèle à lui-même, il n'en laissait rien paraître, continuant d'affichant cet air neutre et impassible sur son visage d'ange. - Si on omet bien sûr les yeux rouges qui le font difficilement passer pour un ange. - Et puis, au fond ... Il faisait un tout petit confiance à Becky. Bon, Ok, beaucoup plus qu'il ne se l'avouait. Parce qu'elle était bien la seule personne à qui il remettait sa vie entre ses mains. Il ne savait rien de cet endroit et force était d'admettre qu'elle en connaissait beaucoup plus sur lui. Alors il se laissait guider, mettant pour une fois son orgueil de côté. - Et ça lui en coûtait terriblement. -

Il la menaça légèrement, voulant savoir ce qu'ils foutaient ici. Il n'avait pas peur, non, vraiment pas. Il était juste curieux. Parce qu'en sa qualité de chef de quartier de Bloody Lane, il ne pouvait tout simplement pas avoir peur. C'était contre sa nature. Contre sa réputation. Et même si son image avait été en jeu, il n'aurait pas fait semblant. Car Erwan n'avait pas peur du noir. Vraiment pas.


    - J'sais pas encore encore à quoi ça va nous servir d'nous enfoncer là-dedans. Mais ça promet d'être marrant.


« Marrant » hein ... Pourquoi pas après tout. Un petit moment de détente, loins de tous ces faibles qui peuplaient l'île. Loin de ces pleurnichards qui réclamaient leur mère. Loin de tout. Un petit sourire de satisfaction, imperceptbile dans l'ombre, s'étira sur ses lèvres. Il haussa les épaules, à la je-m'en-foutiste complet. Même dans le noir il restait lui-même ... Dire qu'il était venu ici au départ pour coincer Becky et la renvoyer fissa dans son quartier ... Il n'avait pas vraiment atteint son but. Mais il s'en foutait, parce qu'il voyait là maintenant, c'était autrement plus sympathique. Et il ne l'aurait jamais découvert sans elle. De toute façon, dès le début, dès qu'il l'avait aperçut sur l'île, près de lui, il avait su qu'ils étaient liés. Il ne croyait pas au destin ni au hasard. Tout arrivait parce que cela devait arriver. Point final. Et ils s'étaient juste retrouvés au même endroit, le même jour à la même heure, même minute, même seconde ... Et voilà qu'ils étaient de nouveau ensemble, embarqués dans une aventure dont il ne connaissait pas l'issue. Vraiment intéressant ... La jeune fille glissa sa petite tête par l'ouverture et entra complètement. Erwan se courba et la suivit sans se poser plus de questions. Il n'avait pas envie de réfléchir pour une fois. Il n'était pourtant pas le genre à passer la main aussi facilement, mais là, il voulait vraiment faire une pause, se laisser guider et découvrir ce que ce sanctuaire secret - plus aussi secret depuis qu'ils l'avaient découvert d'ailleurs - lui réservait. Et ça avait l'air franchement sympathique.

Il inspecta plus sérieusement le couloir qui s'étendait devant lui. C'était un simple corridor, avec des portes, d'autres passages et de la poussière. Et des toiles d'araignées. Vraiment charmant, cet endroit.


    - Tu vois. Il y a au fond un trésoir. J'sais pas lequel. Mais y'en a un. Ca va être chouette.


La jeune fille sérieuse et bagareuse avait complètement disparu pour laisser place à une gamine joueuse et totalement stupide. Mais cela la rendait encore plus fragile et innocente. Elle faisait son âge, enfin. Et même l'épée en bois accrochée dans son dos ne pouvait briser cette image. Erwan lui ébouriffa de nouveau les cheveux, condescendant. Il savait pourtant qu'elle détestait ça mais il ne pouvait s'en empêcher. Après tout, cette fille était la seule qu'il ne voulait pas manipuler et même s'il n'était pas tout le temps sincère avec elle et qu'il aimait la terroriser, il l'appréciait. Contre toute attente, certes. Mais au final, quand on regardait bien, ils avaient quand même un caractère plutôt semblable. Tous les deux bornés, ne se laissant pas marcher sur les pieds et inspirant une certaine peur aux autres. Il laissa ensuite retomber sa main et fourra les deux dans ses poches, décontracté au possible. Il aimait le noir, les ténèbres, l'obscurité ... Tout ça quoi. Et il n'avait pas peur. Vraiment pas.

Becky se mit alors à marcher et Erwan la suivit, légèrement distrait et regardant les murs sur lesquels étaient inscrit d'innombrables choses incompréhensibles. Des mots sans aucun doute, mais dans une langue étrangère. Ou peut-être si ancienne que la plupart des hommes l'avait oubliée. Ils s'arrêtèrent ensuite dans une pièce circulaire d'où s'échappait une étrange lumière. Une lumière qui dissipait tous les doutes et faisaient remonter en vous les plus beaux des souvenirs, ceux de votre vie d'avant. Avant Esplumoir. Avant la lettre. Avant tout. Inconscient de l'effet que cela faisait également sur Becky, le chef de Bloody Lane vit devant ses yeux rouges les images fugaces de sa mère et de son père adoptifs, qui l'avaient tellement chéri. Il revit son immense chambre, le manoir dans lequel il avait habité pendant treize ans de sa vie, les serviteurs souriants et les belles décorations au plafond. Il revit les cadeaux que ses « parents » lui avaient offerts. Puis il revit les belles années auprès de son vrai père. Les pistolets dans sa main, les balles qui filaient à toute allure vers leur cible, sa toute puissance sur les autres qui le vénéraient et lui obéissaient. Certains parce qu'ils l'adoraient, d'autres parce qu'ils avaient peur. Terriblement peur.

Erwan sentait parfaitement cette sensation bizarre qui était apparue dès qu'ils étaient entrés dans la pièce, comme une légère brûme qui leur frôlait la peau, effaçant les soucis. Apaisante. Les rappelant au bon souvenir de leur vie passée. La nostalgie était là, toute près. Mais le jeune homme ne la laissa pas l'atteindre. Il se recomposa une barrière autour de lui, infranchissable. Il était bien là, il ne regrettait rien. Il n'y avait de toute façon plus rien là-bas. Plus rien aux USA qui méritait qu'il y retourne. Il s'en foutait. Esplumoir était sa nouvelle vie, sa nouvelle maison. Et quand il repartirait, il récupèrerait son groupe. Mais pas tout de suite. Pas maintenant.

Il observa ensuite Becky qui passait doucement son doigt sur les différents inscriptions gravées dans les murs, racontant au fur et à mesure. Peut-être disait-elle quelque chose qui n'avait rien à voir, peut-être lisait-elle vraiment celle langue disparue depuis des siècles. Peut-être ...


    - Voyageurs des profondeurs, vous voilà arrivés dans la pièce de transition. Derrière ces murs se cachent les prochaines étapes dont vous aurez à faire face. La prochaine n'est pas des moindres, car vous aurez à affronter seul votre plus grande peur. Soyez braves et armez vous des armes de cette pièce. Vous en aurez besoin. La porte s'ouvrira pour accueillir un par un les aventuriers.


Elle le regarda. Il n'y avait pas d'armes évidemment. Car les armes dont parlait le texte n'était autres que les doux souvenirs remontés à la surface. Les doux souvenirs qui les avaient entourés à leur arrivée dans cette « pièce de transition ». Erwan n'avait pas peur. Il se sentait prêt à affronter sa plus grande terreur. Il ne savait pas ce que c'était, il ne l'avait jamais sue. Et peut-être qu'au fond, il n'avait jamais voulu le savoir. Il ne connaissait pas le sentiment de peur, ou plutôt, il ne le connaissait plus. Car il l'avait ressenti un jour, sans aucun doute. Mais plus depuis longtemps. Et ressentir cette sensation n'était pas pour lui plaire ... Comme s'il avait envie d'affronter ce dont il avait peur ! Il se sentait prêt, juste prêt. Mais il n'en avait aucune envie.

Avant qu'il ait pu réagir, Becky passa le doigt sur une sorte de serrure, et elle disparut. Littéralement. Là où elle était quelques secondes plus tôt, il n'y avait que du vide. De l'air. Et Erwan se douta qu'elle était partie affronter cette épreuve dont elle n'en ressortirai pas indemne. Sans aucun doute. Car la jeune fille n'avait pas la résistance et le mental d'acier du jeune homme. Elle n'était qu'une adolescente, après tout. Et cette expérience allait sans doute la remuer jusqu'au plus profond de son être. De l'autre côté du mur, il n'entendait rien. Il n'y avait pas le moindre bruit derrière les larges murs de pierres, même pas le plus petit chuchottement. Le silence complet, lourd.

Erwan s'avança à son tour vers la serrure, ses pas résonnant comme des coups de tonerre dans ce silence de pierre. Il leva doucement la main et eut un petit sourire. En réalité, il était plutôt satisfait. Il allait enfin savoir de quoi il avait le plus peur. Car même lui ne le savait pas ... Même lui. Son doigt se posa presque brusquement sur la serrure et il se sentit lui aussi aspiré tandis qu'une brusque douleur lui traversait l'abdomen, comme s'il venait de recevoir un puissant coup. Il reprit son souffle doucement et regarda rapidement autour de lui. C'était juste un couleur, étroit. Une seule issue, tout au bout. Légèrement éclairée. Mais le reste était d'une noirceur sans pareil. Il était littéralement plongé dans les ténèbres.

Il avança d'un pas, les mains toujours dans les poches. Ses yeux s'habituaient doucement au manque de lumière. Encore un pas. Un autre. Il avançait lentement. Sûr de lui. Sans peur. Ou presque. Un pas. Un autre. Encore. Encore.

Et il fut là.

Dean.

Droit comme un i. Devant Erwan qui le regarda avec stupéfaction. Qu'est-ce que son ex-amant faisait là ? Pourquoi était-il dans sa plus grande peur ? Pourquoi lui souriait-il ainsi, comme il l'avait fait la première fois qu'ils s'étaient rencontrés ? Pourquoi lui tendait-il tendrement la main, attendant qu'il la prenne ? Pourquoi Erwan discernait-il une lueur de pitié dans ses yeux ? Pourquoi se sentit-il soudainement heureux de le revoir, tel qu'il était dans ses souvenirs ? Pourquoi eut-il envie de l'embrasser sauvagement ?

Dean se rapprocha de lui et l'embrassa alors, amoureusement. Tendrement. Et Erwan se sentit succomber. Il avait devant lui son premier amour et il ne savait pas comment réagir. Etait-ce lui sa plus grande peur ? Son coeur battait la chamade et il emprisonna de nouveau les lèvres de son ex. Encore et encore. Il en voulait plus, toujours plus. Toutes ces années, il s'était convaincu que Dean n'était plus rien pour lui, et le revoir faisait fondre toutes ses convictions. Sa barrière qu'il s'était construite autour de lui, jour après jour, s'effondrait petit à petit, le laissant tremblant et fragile. A ce moment là, Erwan ne ressemblait plus au roi qu'il était censé être. Il n'était qu'un homme effondré et triste. Et profondément heureux en même temps. Alors qu'il titillait les lèvres de son amant pour qu'il lui ouvre le passage, Dean le repoussa. Violemment. Et un déluge de sentiments s'abattit sur le chef de quartier.

Surprise.

Incompréhension.

Tristesse.

Peur.

Il baissa les yeux et quand il les releva, Dean n'était plus devant lui. C'était Jad qui le regardait, dédaigneusement. Son regard était empli de mépris. Comme quand il regardait lui-même les faibles de ce monde. Erwan se sentit misérable. Jad recula. Le laissant planté au milieu de ce long couloir noir. Le jeune homme le suivit du regard et il discerna la silhouette de Dean qui se confondait avec celle de Jad. Ses deux seuls amours le quittaient sans remords, le regardant plongé dans sa peine. Erwan avait envie d'hurler à s'en déchirer la gorge. Mais malgré tout, il avait encore une certaine fierté. C'était donc ça, sa plus grande peur. Que Jad le quitte. Qu'il s'en aille en l'abandonnant, seul. Comme l'avait fait Dean. Il voulait pleurer mais les larmes ne vinrent pas. Il était devenu trop insensible avec le temps.

Une douce chaleur apparut alors contre le torse de l'américain et celui ci baissa les yeux vers l'endroit. A travers son T-shirt, il vit le pendentif de sa mère biologique que lui avait donné son père. Il ne l'avait jamais enlevé. C'était le seul lien qu'il avait encore avec la vie d'avant. Il n'était pas sentimental, non. Mais là, abandonné au milieu du couloir des peurs, il se sentait différent. Jad reculait encore et encore, jusqu'à disparaître dans la lueur de la porte de sortie et Erwan sentit son coeur se briser en morceaux. Comme un verre qu'on jette sur le sol. Se froisser violemment. Comme une vulgaire feuille de papier sans importance. Et le pendentif qui se réchauffait encore, jusqu'à brûler sa peau. Y laissant une marque rouge et profonde.

Pour la première fois de sa vie, Erwan ressentit une peur intense et profonde. Jad le quittait et il allait mourir, tué par son propre pendentif qui finirait par lui consumer directement le coeur. Il voulut céder à la panique mais se reprit au dernier instant. Ce n'était pas son genre. Il avait peur et alors ? Ce n'était pas la fin du monde. Il s'obligea à rester calme, fidèle à lui-même. Impassible. Le pendentif le brûlait de plus en plus et le jeune homme se tordit sous la douleur, lançant un dernier regard à l'endroit où Jad/Dean disparaissait petit à petit, lui tournant définitivement le dos. Et il plongea à l'intérieur de lui-même pour ressortir les « armes ». Il exhuma le souvenir de sa mère adoptive, rappela celui de son père adoptif, tira sur celui de la joie intense qu'il avait ressenti en admirant son tatouage. Il ferma les yeux et descendit encore au plus profond de lui. Et la chaleur commença à s'atténuer petit à petit. Et avec, la douleur.

Quand il rouvrit les yeux, il n'était plus dans le couloir des peurs. Il était dans une autre salle circulaire, semblable en tout point à la première. Et Becky criait son nom à s'en déchirer la gorge. Son beau visage était couvert de larmes et le jeune homme ne sut pas vraiment comment réagir. Il ne laissa rien paraître de son trouble intérieur et hésita. Cette expérience l'avait changé plus profondément qu'il ne le pensait mais il ne voulait pas inquiéter plus sa petite protégée. Il ne savait même pas quoi faire. La prendre dans ses bras ? Ou se moquer purement et durement d'elle ? Sachant que la seconde option était ce qui lui correspondait le plus. Il ne comprenait pas vraiment sa détresse. Elle n'avait d'ailleurs pas remarqué qu'il était là. Il décida de faire le mélange des deux options.

Il s'accroupit près d'elle et lui ébouriffa les cheveux.


    « Ben alors, Beck ? De quoi ta peur, gamine ? T'as cru qu'j'reviendrai pas ? Hé hé. Finalement, tu tiens à moi. »


Il conclut sur un sourire satisfait. Mais au fond, cela lui faisait plus plaisir qu'il ne le laissait paraître. Peut-être qu'il la considérait vraiment comme une amie ... Une amie. Ce nom sonnait doucement à ses oreilles mais n'en était pas moins faux ... Une amie. Il n'en avait jamais eu. Et cette révélation le choqua plus qu'il ne le voulut. Amie, hein. Intéressant ...

    « Et maintenant ? »


Parce que pourri ici n'était pas dans ses intentions. Et qu'il n'avait pas envie qu'elle meure. Il l'aimait bien après tout. C'était sa seule amie. L'unique. La première. Et sûrement la dernière ...
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MessageSujet: Re: Haunted House In madness Lun 15 Aoû - 13:45

Il recommençait à la décoiffer. Ça devenait une manie. Mais pour cette fois, cela ne marchait pas très bien. Avec ses cheveux mouillés jusqu'à la racine, elle avait plutôt l'air d'un petit bouledogue enragé qu'à autre chose.

    « Ben alors, Beck ? De quoi ta peur, gamine ? T'as cru qu'j'reviendrai pas ? Hé hé. Finalement, tu tiens à moi. »


Elle ricana. Pour se donner un genre. Bien sûr qu'elle avait eu peur ! Sinon, elle s'amuserait pas à crier son prénom à tout va. Non, ce n'est pas la passion préférée de Becky. Loin de là.

    « Et maintenant ? »


Elle explosa de rire. Bon, là, elle avait l'air vraiment débile, il faut l'avouer. Puis, elle jeta la tête en arrière. Au fond d'elle, elle était plus que soulagée. Erwan était vivant. Il avait survécu à sa peur. La plus grande. Mais le plus étonnant, c'est qu'il semblait juste un peu... mélancolique. Elle ne voyait pas de réelle marque de douleur physique. Après, elle n'irait pas le déshabiller pour vérifier que ses pensées étaient vraies... Même si ce serait un challenge intéressant à relever. Pour l'instant, il n'était pas question de mettre qui que ce soit à poil. Donc, elle se releva. Et lui attrapa le bout des doigts. Elle ne voulait pas lui prendre carrément la main. Ça aurait été étrange. La gamine qui guide le grand jeune homme, en lui tenant la main super fièrement. Non, c'était beaucoup plus pudique.

Elle poussa la prochaine porte. Et ils débouchèrent sur une pièce énorme. En hauteur, perchés sur un balcon, sans barrière, ils dominaient un puit. En se penchant en avant, on n'en voyait même pas la fin. C'était un trou noir sans limite à vue d'oeil. Et non loin, perché dans un fragile équilibre, un panneau lumineux clignotant, était encastré. On ne pouvait pas le rater. Il indiquait d'une flèche le fond du gouffre. Il fallait donc se rendre en bas.

Becky aurait bien sauté. Mais, vu la hauteur visible, sans compter qu'elle ne savait jusqu'à où ça menait, elle préférait s'abstenir. Elle remarqua alors que quatre amas de cordes avaient été disposés là, au bord. Quatre clé avait été posées soigneusement sur chaque tas de cordes. Quatre clés, quatre cordes donc. Elle tourna en rond longtemps sur le balcon avant de se rendre compte qu'elle marchait sur l'énigme de ce lieu.

Elle se pencha en avant. Et à chaque clignotement du néon en forme de flèche, elle pouvait lire l'inscription. Sinon, l'obscurité la gênait. Elle plissait les yeux jusqu'à ce qu'ils en pleurent.


"Si avec quatre une tu ouvres par hasard,
Sur les quatre trois désigne la devise,
Sur les quatre deux iront à la mort,
Et l'une des quatre mène en bas."


Elle répéta longtemps l'énigme, pour elle-même, dans un murmure presque inaudible. Elle s'en imprégnait. Même si elle avait plutôt l'air d'une schizophrène à tourner en rond. Elle se pencha vers chaque clés et se rendit compte que chacune était finement ciselée et portait un animal. De gauche à droite, l'une un ornithorynque, l'autre un renard, la 3ème un uraète, et la dernière un varan. Et creusées dans le sol, quatre minuscules serrures apparaissaient. De haut en bas. L'air passait entre les doigts de Becky quand elle les passait sur les serrures.

"Avec quatre une, tu ouvres par hasard."

Avec quatre clés, la serrure, on ouvrait par hasard. Ouvrait. Ouvrir. OUVR. Elle avait trouvé la solution. Mais elle voulait laisser son ami trouver à son tour. Ce n'était pas très compliqué. Elle attrapa les quatre clés et les lui tendit.

"Vas-y mon pote, dis-moi ce que tu penses."

Puis, elle se retourna et s'assit au bord du gouffre. Elle n'attendait plus qu'Erwan trouve la solution, à son tour. Il avait quatre clés et une serrure. Qui ouvrait vers une nouvelle énigme. Parce qu'elle n'avait pas encore eu connaissance de la fameuse devise de la seconde phrase. Même si elle avait déjà sa petite idée dans un coin de sa tête. Elle se dit d'un seul coup que c'était vraiment immense. Un gouffre creusé en sous-terrain. Sous leurs pieds. Depuis tout ce temps. Les Bloody Lane n'avaient pas intérêt à se mettre à creuser des galeries. Mais le plafond avait l'air solide.

Qui avait bien pu avoir construit pareil endroit ? Qui s'était amusé à ça ? Et combien de temps cela avait-il pris ? Certainement beaucoup. Et rien que les énigmes qui représentaient ce lieu étaient assez bancales pour comprendre que leur créateur devait être soit un génie, soit un pur idiot. Autant de galerie, des épreuves aussi perfectionnées, mêlant exercice physique et moral. Elle se retourna vers Erwan. Sa présence la rassurait.

Elle qui adorait être seule, pour la première fois de sa vie à Esplumoir, éprouvait un sentiment de bonheur. Elle était avec lui. Et malgré leurs différences d'âge, de taille et de raisonnement. C'était un peu un duo infernal, bouillonnant de contraires et de similitudes. Et puis, ce n'était pas n'importe qui. C'était le chef de quartier de Bloody Lane. Ça forçait le respect, bien sûr. Même si les ordres et les lois avaient tendance à échapper à Becky. Elle voulait bien faire genre qu'elle le respectait, rien que pour lui.

Elle espérait juste que s'il se trompait dans l'énigme, cela ne conduirait aucun d'eux vers une fin prématurée. Deux des cordes menaient à la mort. Et une seule en bas. A vue d’œil, elles conduisaient toutes vers le fond du gouffre. Et leur solidité semblait la même. Ceci lui échappait. Beaucoup de choses échappaient à la miss. Comme la sensation de profondeur. Comme la sécurité.


- Bon, tu t'en sors ? J'ai pas envie de pourrir ici, moi.

Et elle éclata de rire. Son rire cristallin se répandit en écho contre les parois, jusqu'au fond du puit. C'était tellement amusant, que plusieurs fois, elle recommença, criant quelque fois son prénom ou disant des phrases obscènes. Et puis, elle pencha la tête, mit ses mains autour de sa bouche pour amplifier le son et cria :

- "Erwan est un parfait idiot !"

Puis, elle gloussa. Elle cria encore longtemps. Mais de façon plus aiguë que d'habitude. Comme si elle s'était plantée une aiguille dans le pied. Douloureuse, vive était sa douleur. Et le silence revint. Imposant. Vide.
Elle venait de tomber dans le puit. Et on entendait plus rien. Absolument plus rien.
Juste un plouf. Un dernier bruit. Le dernier.
Et puis, vraiment plus rien. Elle avait disparu, littéralement, vers les fins fonds.
Mais était-elle morte ? Erwan trouverait-il la réponse à l'énigme qu'elle lui avait confiée ?


Suite:
 




She looks like a doll but she is also wild as a tiger

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MessageSujet: Re: Haunted House In madness Sam 3 Sep - 17:29

Erwan était troublé. Décontenancé. Perturbé. A l'intérieur, seulement. Evidemment. Parce qu'à l'extérieur, sur son visage, il n'y avait qu'une impassibilité déconcertante, une neutralité flagrante. Une distance déroutante. Il avait relégué sa nostalgie, sa mélancolie, tout au fond de son esprit, loin. Très loin. Dans un coin de son cerveau, en attente. En veille. Juste pour y repenser après, plus tard. Pas maintenant. Quand il ne serait plus dans les sous-sols de la maison hantée de Bloody Lane, quand il ne serait plus avec Becky, quand il serait seul dans sa chambre. Seulement là, seulement à cet instant, il se remémorerait les images, les souvenirs de sa plus grande peur. Seul. Sans Jad. Sans Becky. Sans personne. Juste avec sa solitude et le collier de sa mère, resté accroché à son cou. Il posa distraitement sa main dessus, à travers son T-shirt, et une vague de douleur le transperça, le parcourut en entier. Il se retourna légèrement, pour ne pas que l'adolescente le voit, et regarda le haut de son torse, à la subtile lueur des torches accrochées aux murs. Juste en dessous du pendentif, une profonde marque rouge s'était incrustée. Une brûlure vive apparue pendant la traversée du couloir des peurs. Un souvenir, encore. Une nouvelle cicatrice. Encore. Il reposa doucement le collier dessus, pour qu'elle soit invisible, remit son T-shirt et se retourna vers Becky, comme si de rien n'était. Son visage n'avait pas changé. Fermé. Inaccessible. Comme son âme, comme son coeur.

La jeune fille rit en réponse à ses deux questions mais sa tension était facile à sentir. Erwan supposa qu'elle était au bord de l'hystérie. Elle était trop jeune, bien trop jeune. Elle avait les nerfs à fleur de peau et sa patience était mise à rude épreuve. Apparemment, elle n'était pas sortie indemne de la première étape et elle en avait pris un coup. Elle ne semblait pas bien, pas comme d'habitude. Pas dans sa forme normale. Elle paraissait un peu diminuée et puis ... Ses vêtements trempés et ses cheveux mouillés n'arrangeaient pas les choses. Erwan commençait à avoir légèrement peur pour elle, se demandant si elle allait survivre. Certes, c'était elle qui l'avait emmené ici, dans cet endroit si étrange et si vieux. Ancestral, même. Antique. Mais il savait qu'il se sentirait coupable si elle mourrait dans cet endroit, loin de tous et loin des rares amis qu'elle avait. Parce que c'était son rôle à lui, de la protéger. De faire en sorte qu'elle s'en sorte toujours vivante, quitte à ce qu'elle soit un peu abîmée. Et puis là, maintenant, il se doutait que tous les deux ressortiraient de ce voyage sous la terre changés. Transformés. En bien ou en mal ? Il ne le savait pas encore ...

Becky se releva donc, laissant derrière elle une fine pluie de gouttelettes. Au plus grand étonnement du jeune homme, elle lui attrapa le bout des doigts. Il ne lui retira pas comme il l'aurait fait habituellement. Elle avait peur. A moins qu'elle ne soit carrément terrifiée ? Et si le moindre petit contact pouvait la rassurer, alors il voulait bien lui laisser. Il soupira. Ce sentimentalisme protecteur ne lui ressemblait pas beaucoup. Depuis quand se préoccupait-il du bien être des gens ? Depuis quand donnait-il le bout de ses doigts à une gamine de quatorze ans totalement folle ? Depuis qu'il était sur Esplumoir, tout simplement. Depuis que sa vie avait changé du tout au tout. Même si au fond, il restait toujours le même.

Il entra donc à sa suite dans une immense pièce. Une gigantesque salle. Devant un puits sans fond. Aussi noir que la nuit, aussi noir que les ténèbres. Sans fin. Un abîme éternel. Un abysse absolu. Il leva la tête et remarqua un panneau, maladroitement accroché, prêt à tomber. Une flèche clignotait doucement, indiquant le fond. La sortie ? Sûrement pas. Tout cela rendait Erwan très perplexe. Quand ces galeries avaient-elles étaient creusées ? Et qu'il y avait-il encore en dessous ? Des questions qui restaient pour l'instant sans réponse, et qui le resteraient peut-être toujours. Suivant le regard de l'adolescente, il remarqua également les quatre clés, posées chacune respectivement sur une corde.


    "Si avec quatre une tu ouvres par hasard,
    Sur les quatre trois désigne la devise,
    Sur les quatre deux iront à la mort,
    Et l'une des quatre mène en bas."


Erwan, peu désireux de réfléchir, s'adossa contre le mur et observa sa jeune amie tourner en rond, répétant encore et encore, inlassablement, l'énigme inscrite sur le sol. Il n'y comprenait pas grand chose, mais il savait juste qu'il fallait résoudre la devinette pour aller en bas. Et poursuivre cette aventure trépidante et pleine de dangers. Il avait évidemment envie de continuer mais une partie assez raisonnable de son esprit se demandait ce qu'ils allaient affronter ensuite. Des dragons à deux têtes ? Dans un endroit pareil, ça ne lui semblait même pas impossible ... Sous les doigts de Becky, de haut en bas, quatre serrures s'alignaient, attendant les clés.

    "Avec quatre une, tu ouvres par hasard."


La jeune fille saisit les clés et les donna à Erwan qui les attrapa, surpris.

    "Vas-y mon pote, dis-moi ce que tu penses."


Erwan ricana. Comme s'il avait que ça à faire. Elle avait trouvé. Pourquoi était-il obligé de chercher ? C'était stupide. Inutile. Et ça faisait surtout perdre du temps. Il ne savait d'ailleurs même pas depuis combien de temps ils étaient descendus en enfer. Quelques heures ? Quelques jours ? Il ne ressentait même pas la soif ni la faim. Comme si tout son corps et ses fonctions vitales avaient été mises en pause, laissant seulement son cerveau et son intelligence s'activer. Il regarda les clés. Il reconnut quatre animaux mais ne put leur donner des noms. A part pour le renard. En regardant de plus près l'une des trois autres, il se rappela l'avoir déjà vu.

...

...

Un ornithorynque, évidemment. Quelle stupidité. Puis un varan. Et un uraète. Qui l'avait plutôt emmené sur la piste de l'aigle mais son instinct lui avait dit que ce ne pouvait être ça. C'aurait été trop simple. Et Erwan faisait toujours confiance à son instinct. Entre temps, Becky s'était assise au bord du trou et le jeune homme craignit qu'elle ne tombe mais elle semblait bien se tenir en équilibre. Il revint ensuite sur l'énigme, maudissant cette gamine qui ne voulait pas lui donner la réponse directement. Et il tenait suffisamment à son ego pour ne pas lui demander de balancer directement la solution. Elle voulait qu'il trouve ? Bien. Il trouverait.

Il se rappela la première phrase de l'énigme, celle que Becky avait prononcé juste avant de lui donner les clés. « Si avec quatre une tu ouvres par hasard ». Il y avait un ornithorynque, un uraète, un varan et un renard. Et là ce fut l'illumination. Evidemment ! Pourquoi n'y avait-il pas pensé plus tôt ? O.U.V.R. Ornithorynque. Uraète. Varan. Renard. Il ricana, se moquant de lui-même et de sa propre stupidité. Quel idiot !


    - Bon, tu t'en sors ? J'ai pas envie de pourrir ici, moi.

    « Ferme-la, gamine. J'ai trouvé ! »


Becky trouva alors un nouveau jeu et s'amusa à crier n'importe quoi dans le puits, où l'écho de ses paroles se rependait par vagues. Incessant. Inexorable. Agaçant.

    - Erwan est un parfait idiot !


Puis plus rien.

Le vide.

Le silence.

Un dernier choc.

Le néant.

Le noir.

Erwan jura. Cette gamine était vraiment une imbécile. Dire qu'il avait espéré qu'elle ne finisse pas ces jours ici ... Enfin, avec un peu de chance, elle n'était peut-être pas morte. Ou peut-être que si. Il soupira. Il était temps de continuer cette aventure et de rejoindre l'insolente - morte ou vive -. Il s'approcha des serrures et y introduisit les clés, dans l'ordre. OUVR. Un petit déclic se fit alors entendre et une trappe auparavant cachée apparut aux yeux du chef de Bloody Lane. Il l'ouvrit et y découvrit un parchemin, légèrement abîmé par le temps.


    "En Égypte, je suis considéré comme un avertisseur.
    N'oublie pas de garder à l'esprit où les clés étaient initialement disposées.
    Ceci t'aidera à choisir la bonne corde, voyageur."


Il le relut plusieurs fois, s'imprégnant de l'énigme comme l'avait fait Becky quelques temps auparavant. Il devait trouver l'animal, considéré comme un avertisseur en Egypte. A moins que ce ne soit qu'une métaphore. Il pesta. Becky aurait trouvé, si elle avait été là. Mais lui ... Lui qui n'était jamais allé à l'école, ou très peu, qu'en savait-il de tout ça ? Rien. Absolument rien.

Après d'intenses minutes de réflexion, il opta pour le varan, car c'est ce qui ressemblait le plus à un crocodile. Et c'est bien connu, les crocodiles, c'est en Afrique. Enfin ... Il avait surtout procédé par élimination. La fin justifie les moyens. Il essaya ensuite de se rappeler dans quel ordre avaient été positionnées les clés, se morigénant tout seul de ne pas y avoir prêté plus d'attention.

En y réfléchissant bien, il ne se rappelait que de la deuxième et de la dernière corde. Renard et Varan. Ce qui arrangeait bien ses affaires. - Il fallait également avouer qu'il faisait plus confiance au hasard qu'à sa mémoire, mais ceci est une autre histoire. - Sans plus se soucier du reste, il attrapa la quatrième corde, fit un noeud bien solide - pour une fois que ses connaissances servaient enfin à quelque chose - et lança le reste au fond du puits. Il soupira, encore. Il fallait aller récupérer cette stupide gamine, maintenant. Il attrapa la corde et sans même s'assurer au risque de tomber, il commença sa lente descente.

Encore.

Encore.

Encore.

Il ne savait plus depuis combien de temps il était dans ce tunnel vertical. Il était déboussolé, continuant sa course vers le bas. Au bout d'un certain temps, son pied heurta quelque chose de mou, comme de la terre spongieuse dans laquelle il s'enfonça facilement. Avec un peu de chance, Becky était tombée là-dedans et ne s'était pas fait mal. Et avec beaucoup de malchance, c'était un sable mouvant et ils allaient tous les deux mourir étouffés par le sable.


    « Becky ? Ho gamine ? T'es par là ?! »


Misère ... Et pas une lumière, rien pour leur montrer les lieux. Juste le toucher. Et l'instinct. L'intuition animale que ressentent tous ceux qui sont en danger. Et là, il était temps de faire sortir la bête qui sommeillait en eux. Ou ils allaient vraiment y rester.
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MessageSujet: Re: Haunted House In madness Mar 1 Nov - 20:08

    Plop. Becky venait de rebondir sur une matière… molle. Génial, elle était vivante ! Pour le moment, hein. On s’excite pas et on analyse la situation. Alors, pour commencer, elle était au fond du puits. Bien. On y voyait rien. Pas bien. Elle fit le tour en palpant le mur et se rendit à vite à l’évidence : ils étaient dans un puits de forme ronde ! Wouhou ! Elle leva les yeux vers le plafond. Seule une minuscule petite lumière brillait là-haut, comme une étoile dans le ciel. Trêve de poésie. Il fallait qu’elle trouve un moyen de continuer leur super expédition avant qu’Erwan descende et se rende compte qu’ils étaient coincés.

    Elle fit plusieurs fois le tour, sautant sur l’espèce de matelas-éponge. Et finalement, après de longues minutes à jouer au trampoline, et hum… à chercher, elle trouva un dragon à deux têtes ! Nan, je rigole. Elle trouva mieux. Un trappe, dissimulée sous la couche spongieuse qui tapissait le puits. Elle se fit un plaisir de réduire en lambeaux l’espace qui la gênait, pour dégager l’ouverture. Vu qu’elle n’y voyait strictement rien, elle glissait ses doigts et découvrit une nouvelle inscription. Lettre par lettre, elle formait des mots.


    « Ceci est le dernier voyage. »

    Pas glauque du tout, ma foi. Erwan descendit tout en douceur, non loin d’elle. Mais elle ne tourna pas la tête. Il fallait qu’elle se concentre. Il y avait un problème. A quoi servaient les cordes si on tapissait le fond de ce puits d’une matière qui, justement, amortissait la chute ? Et si… Elle frôla l’épaule d’Erwan, et suivit des yeux l’ombre de la corde avec laquelle il était descendu, jusqu’à ses pieds. Alors, elle empoigna de nouveau l’éponge et l’arracha, plantant ses ongles sauvagement. Une nouvelle trappe. Elle aurait pu parier qu’il y en avait quatre. Mais qu’une seule garantissait qu’on ait la vie sauve. La trappe était en bois, et elle portait la même annonce que la première qu’elle avait découverte.

    « Ceci est le dernier voyage. »

    Il n’y avait rien pour ouvrir la fameuse trappe. Donc, Becky avisa la méthode la plus débile qui soit. Elle se plaça sur le bois et fit des bonds dessus. Le bois, qui avec le temps et l’humidité avait commencé à pourrir, craqua, tout doucement, puis, il vibra avant de rompre dans un vacarme d’arbre qui tombe. Becky disparut quelques secondes plus tard. C’était un toboggan. Il faut dire qu’il allait extrêmement vite. Et que la vitesse insuffla bientôt des envies d’éclater de rire et de crier à Becky, gamine refoulée. Arrivée en bas, elle essuya les larmes qui perlaient à ses yeux, tellement elle s’était amusée dans ce conduit alambiqué. Ils étaient arrivés. Le dernier lieu. (Oui, cette aventure a une fin, hélas.)

    Elle grimpa, marche après marche, vers un socle lumineux. Il répandait une lueur aveuglante, mais Becky voulait s’en approcher. Il le fallait. Il ne savait pas si Erwan était derrière elle, s’il l’avait suivi dans le toboggan… Tout ce qui l’intéressait était ce que contenait cette ultime pièce. Le pouvoir. Des années de travail pour l’obtenir. Et il était enfin à porter de main… C’était une plume, comme celle que vous trouviez le jour où vous arriviez sur l’île. Lumineuse comme jamais. Elle rappelait à Becky le jour où elle était arrivée, les mains sablonneuses, et qu’elle avait vu le jeune homme. Erwan. Elle irradiait de chaleur. L’une des plumes de la déesse Isis Pandora. Elle l’effleura, et presque instantanément, la plume perdit de son éclat. Et s’éloigna et celle-ci retrouva sa luminosité mystérieuse. Ne tenant plus, elle la prit, et celle-ci devient une simple plume, tout à fait banale.


    - Qu’est ce que…

    Voilà quelle était la triste réalité. Personne ne pouvait voler la plume de quelqu’un, physiquement. Il pouvait juste les échanger pour un certain laps de temps en utilisant une plume d’échange, par exemple. Becky ne pouvait donc pas s’emparer du pouvoir scellé dans cette plume, qui disparaissait à chaque contact.


    - Tu dois me prendre pour une folle, Erwan. Mais je suis juste une Adieu. Et vois-tu je pensais que c’était le pouvoir que cachait la divinité de cette île. Celui que je convoite tant.

    Elle reposa la plume sur son socle. Et redescendit les marches pour se poster à la même taille que le jeune homme. Que pensait-il ? Qu’elle faisait partie d’un groupe de psychopathes assoiffés de sang ? Qu’elle était une gamine folle ? Elle ne savait pas quel jugement elle était en train de subir, mais la seule certitude qui lui vint fut qu’elle avait un souci.

    - On pense tout le temps que c’est dans la dernière salle qu’il y a le plus de danger.

    Elle s’arma de son épée et regarda autour d’elle, comme si elle guettait l’arrivée soudaine d’une monstre doté d’une paire d’ailes et crachant du feu. Mais rien ne se produisit. Il y avait toujours ce silence religieux et cette distance entre le Bloody Lane et la Feathers Road. Mais elle fit un geste qui en aurait surpris plus d’un. Elle brandit la pointe de son épée vers celui auquel elle faisait face.

    - Et si j’étais le danger ? Ce sont tes souvenirs qui me gênent, Erwan. Le fait que tu connaisses tout sur ce qui s’est passé ici. Le moyen de t’y rendre encore. Je ne peux pas te laisser ta mémoire. Je ne peux pas te laisser le souvenir de cet après-midi.

    Et elle se jeta vers l’un de ses seuls amis, avec le seul désir de lui arracher sa mémoire. Dans un murmure presque inaudible, on n’aurait jamais pu croire entendre de la bouche de Becky…

    - Je suis si désolée…





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MessageSujet: Re: Haunted House In madness Lun 28 Nov - 17:46

Erwan inspira profondément. Un relent d'air âcre et de moisissure lui parvint et une légère grimace déforma son visage. Il se souciait peu de rester impassible dans ces ténèbres et même s'il avait été en plein jour, il aurait agi de même. Après tout, il était avec Becky. Et il se fichait bien de ce qu'elle pouvait penser. De toute façon, même si c'était elle qui guidait la danse pour le moment, viendrait la minute où il reprendrait les rênes. C'était toujours ainsi. C'était lui, le maître du jeu. Lui seul qui dictait les règles et les limites. Et jusqu'à maintenant, personne n'avait réussi à renverser le roi sans qu'il y consente. (Evidemment, il ne comptait pas les fois où, avec Jad, il s'était fait dominer. C'était un sujet assez sensible pour lui.)

L'adolescente le frôla et il suivit son mouvement du mieux qu'il put, faisant appel à tous ses sens. Toucher et ouïe en premier. Vivre pendant plus de 6 ans dans la jungle dangereuse qu'était le Bronx affinait les sens, impossible de le nier. Preuve en était d'ailleurs, car même sans ses yeux, il percevait la présence de Becky à ses côtés, près de la corde avec laquelle il était descendu. Sans qu'il ait le temps de réagir, il entendit un craquement. Du bois. Et à priori, très humide et moisi vu le bruit qu'il avait fait. En outre, Becky avait disparu. Encore. Décidément, cette gamine était incapable de rester en place. C'était au moins la troisième fois qu'elle se fourrait dans un pétrin pas possible et qu'Erwan était obligé de la suivre sans savoir ce qui l'attendait ensuite. Et même s'il se sentait capable de s'adapter à toutes les situations qu'il pouvait affronter, il détestait ne pas savoir ce qui allait se passer. M'enfin, il n'était pas Dieu, loin de là. Et seul Dieu était omniscient.

Il se baissa et effleura le sol de la main. Il rencontra le trou qui était, peu auparavant, bouché par la trappe et ses doigts glissèrent sur une sorte de métal froid et glissant. Comme s'il avait été poli avec application, dans l'attente de servir un jour. Des éclats de rire lui parvinrent alors et les échos résonnèrent dans le puits, brisant le silence comme des coups de tonnerre. Becky, évidemment. Quelle gamine ... Et en grosse gamine qu'elle était, elle risquait encore de faire des bêtises. Et Erwan ne tenait pas plus que ça à sentir la Maison Hantée s'écrouler sur sa tête. Finir enterré sous les décombres d'un lieu de terreur à cause des stupidités d'une adolescente limite pré-pubère, non merci. Il avait mieux à faire. Il sauta alors dans le conduit et se laissa emporter par le toboggan à une vitesse folle qui ne lui fit pourtant ni chaud ni froid.

Quelques secondes plus tard, il arriva alors dans une immense salle. D'un coup d'oeil rapide mais expert, il vit que Becky s'approchait d'un socle sur lequel reposait une magnifique plume blanche, qui brillait d'un éclat si pur qu'elle semblait descendre directement du paradis. Et comme on dit, chasser le naturel et il revient au galop. La cupidité d'Erwan était l'un de ses côtés naturels. Et là, il aurait tout donné pour obtenir la plume. Il rejoignit prestement Becky qui avançait doucement sa main vers ce trésor blanc. Mais à peine l'eut-elle frôlé que la lumière pâlit. Et lorsqu'elle l'eut pris dans sa main, elle ne tenait qu'une vulgaire plume blanche, sans l'éclat qui l'avait différencié des autres. Un soupir de déception traversa les lèvres d'Erwan. C'était l'un de ces trésors qui doivent rester à jamais sous terre, inestimable mais intouchable. Bien trop divin pour de simples mortels comme eux. Peut-être qu'un cœur très pur, semblable à celui de la déesse (parce qu'il se doutait bien que cette plume appartenait à Pandora), pouvait se saisir de cette merveille. Mais ni Becky ni lui n'était des cœurs purs et sans défauts.


- Tu dois me prendre pour une folle, Erwan. Mais je suis juste une Adieu. Et vois-tu je pensais que c’était le pouvoir que cachait la divinité de cette île. Celui que je convoite tant.
« Le pouvoir de la déesse hein ? Tu es trop mortelle pour ça. »

Il ne releva pas le fait qu'elle lui avait avoué faire partie d'Adieu. Il ne savait pas réellement s'il devait la croire, à vrai dire. Mais il était vrai qu'il avait entendu parler de la révélation qu'elle avait faite, lors de l'enterrement de tous les morts qu'avait causé la guerre des quartiers. Après tout, peut-être était-ce la réalité. Il s'en fichait. Qu'importe si elle était d'Adieu, des Masks ou de n'importe quelle organisation mystérieuse et dangereuse ? Elle restait quelqu'un à qui il tenait un tant soit peu. Et c'était déjà pas mal.

- On pense tout le temps que c’est dans la dernière salle qu’il y a le plus de danger.
« Le danger est toujours où on l'attend le moins. »

Il la vit s'armer de son épée mais ne réagit pas. Et sa seule réaction lorsqu'elle pointa son arme contre lui fut de lever un sourcil. Croyait-elle vraiment avoir une chance de le battre dans un combat à armes blanches ? Même elle armée et lui à mains nues, elle n'avait aucune chance. Cela dit, arme blanche était peut-être même un peu trop pour la lame de bois qu'elle tenait si fermement que les jointures de ses doigts blanchissaient. Pauvre petite tigresse, dépassé par les évènements qu'elle avait elle-même provoquée.

- Et si j’étais le danger ? Ce sont tes souvenirs qui me gênent, Erwan. Le fait que tu connaisses tout sur ce qui s’est passé ici. Le moyen de t’y rendre encore. Je ne peux pas te laisser ta mémoire. Je ne peux pas te laisser le souvenir de cet après-midi.

Il ne répondit rien, se contentant de l'observer. Elle était fière, le port de tête haut et les yeux brillant d'une détermination féroce. Erwan connaissait sa plume. Amnésie, hein. Pensait-elle vraiment réussir à lui faire oublier ce qu'elle avait vu ? Quelle idiote. Depuis toujours, il gagnait. Il n'avait plus jamais perdu après le départ de Dean et ce n'était pas contre une gamine haute comme trois pommes que sa descente aux enfers allait commencer. Lui aussi, avait une fierté à conserver. Et lui aussi avait envie de garder les souvenirs de cette journée là. Alors non, jamais il ne se laisserait faire. Car il était temps de reprendre les rênes de ce jeu.

De sa ceinture, il sortit une courte dague (avec une vraie lame d'acier), cachée sous son t-shirt. Il n'était pas stupide au point de sortir sans armes. Il avait bien trop d'ennemis pour se sentir en sécurité sans rien pour se défendre. Il n'avait de toute façon pas l'intention de blesser la jeune fille mais il comptait bien l'intimider. Si ce n'est plus. Avec un peu de chance, peut-être prendrait elle vraiment peur et lâcherait son épée sans se battre. Peut-être ...

Erwan soupira. Ce n'était vraiment pas son genre de se battre contre des filles plus jeunes que lui. Certes, elle l'avait provoqué. Mais sans doute ne se rendait-elle pas compte de la portée de ses actes et des conséquences qui en tomberaient. Quelle naïveté. Il était loin, le temps des jeux d'enfants et des balançoires. Il était loin, le temps des contes de fées, de princesses et de princes charmants. Il était loin ... Si loin. Trop loin.

Alors elle se jeta sur lui. Une petite furie, minuscule flamme de volonté, qui n'a plus rien à perdre. Et qui fera tout pour préserver le secret. Le jeune homme tenait beaucoup à l'adolescente, mais pas assez pour la laisser faire ce qu'elle avait très envie. Il passa donc lui aussi à l'action. D'un mouvement souple, il se décala sur le côté et évita la lame de bois qui siffla à côté de son oreille. Tout aussi rapidement, il avança vers la demoiselle et sa main gauche vint attraper, par dessus les doigts de la jeune fille, la poignée de l'arme. Sa poigne était ferme. Sa dague siffla et, bien trop rapidement pour les yeux innocents de Becky, se retrouva juste en dessous de sa gorge. Elle était à sa merci, incapable de bouger. Peut-être doutait-elle de la capacité d'Erwan à lui trancher la gorge ? Il n'en savait rien. La seule chose dont il était sûr, lui, c'est que pas un seul instant il n'hésiterait si Becky devenait dangereuse. (Ce qui avait tout de même peu de chance d'arriver mais sait-on jamais ...)


« Pauvre fillette. As-tu vraiment cru avoir une chance de me battre sur ce terrain là ? Tu te sur-estimes, Becky. »

Si elle avait tourné la tête, si elle avait pu voir ses yeux ou même juste l'expression de son visage, peut-être aurait-elle vu la peine qui perçait à travers ses iris rouges, habituellement insondables. Mais il ne lui en laissa pas le temps et d'un coup, il leva sa dague. Le mouvement fut fluide, sans hésitation. Précis. Il ne laissa rien transparaître dans ce geste.

Pommeau en avant, il l'assomma. Tout simplement.

Il l'attrapa avant qu'elle ne tombe vraiment et la porta façon princesse. Endormie, son visage serein, elle ressemblait réellement à une princesse, que les évènements ont fait grandir trop vite. Il était loin, le temps où elle se souciait plus de se coiffer et de se maquiller que de martyriser les garçons. Il était loin, le temps où elle jouait aux poupées. Il était loin ...

Du coin de l'oeil, il aperçut une issue où l'on pouvait légèrement apercevoir un escalier ascendant. Alors, sans hésitation et sans un regard derrière lui pour la plume blanche posée sur son autel, il commença lentement sa montée vers le monde normal, laissant derrière lui les durs souvenirs et les peurs profondes.
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MessageSujet: Re: Haunted House In madness Dim 19 Fév - 20:49

    Ho, Becky, tu resteras toujours Becky. La gamine survoltée, la tigresse fourbe, l’idiote qui croyait pouvoir faire changer un monde, et qui a décidé de se contenter d’une île. Tout le temps où la jeune fille dormait profondément, elle avait l’impression de flotter. Elle pensait à la façon dont elle était arrivée ici, sur Esplumoir. La plage. Oui, elle se souvenait des grains de sable se logeant entre les doigts, de l’odeur musquée de l’eau de mer, de la chaleur de sa plume. Elle se souvenait tout ce temps passé à s’ennuyer dans son petit appartement vide, à observer du coin de la fenêtre les enfants marcher le long du trottoir. Il y avait aussi eu cet hiver, cet après-midi où elle était allée à la patinoire, qu’elle avait croisé Ling-Han, et qu’elle l’avait embêté. Il y avait aussi Akisa, cette jeune fille si douce, qui avait voulu le protéger. C’était aussi ce soir là que la guerre avait finalement éclaté.

    Une terrible danse où l'on trébuche,
    Oui, dansée au sommet de l'autel.
    Nos yeux abasourdis sont éblouis.
    Que se passerait-il, ici avec toi !

    Cette longue période où plus rien n’était pareil. Les quartiers avaient fini par se disloquer, pour devenir des champs de combat, où le sang coulait. Elle se souvenait, dans sa bulle, de la fois aussi où elle avait infiltré Bloody Lane, dans l’espoir d’effrayer Faith et Flora. Et, il y avait eu aujourd’hui. Aujourd’hui qui avait semblé durer une éternité. Erwan. Son vieil ami qui était venu pour l’effrayer. Il était aussi venu pour la secourir. Il l’avait suivi quand elle aurait pu mourir de diverses façons.

    Les significations sont attachées ensemble avec des mots courts.
    Ton visage grimaçant, la raison des préjugés,
    Je les cherche encore,
    Je les cherche encore,
    Mais je ne les ai toujours pas trouvés.
    C’était le premier visage qu’elle avait vu sur cette île. C’était le dernier qu’elle avait vu avant de s’évanouir. Tout était mélangé. Un brouillon de pensées tissées avec des nuages effilochés. Peu à peu, elle commença à entendre. Un rythme régulier. Comme un tambour conquérant. Avait-elle gagné la bataille ? Boom. Boom. Un cœur. Quelle mélodie. Et puis, il y avait le vent qui frôlait son visage. C’était une caresse légère.

    Dansant avec un saut puis un pas,
    "Une-deux", dans un coin du monde.
    Un petit accident et je sens l'agréable sentiment du dénouement.

    Il y avait aussi de la chaleur. Un tambour, une brise, de la chaleur. Elle ressentait toutes ces choses. Mais à peine eut-elle le temps de s’y habituer, qu’elle ouvrait les yeux. Tout était flou. On aurait dit un tableau où le peintre se serait amusé à étaler vulgairement les couleurs. Elle clignait des paupières, comme pour chercher la lumière dans le noir. Elle apercevait ce coin de ciel bleu.

    Je suis toujours un peu inhabituelle.
    Je crois que c'est une farce du destin.
    Une terrible danse où l'on trébuche,
    Alors, faisons-en de la lumière avec toute notre force.

    Il y avait tous ces nuages dans le ciel. Elle percevait plus nettement son entourage. C’était une fin d’après-midi, d’après le soleil se couchant. Par là-bas, le bleu tirait vers l’orange, comme s’il revêtait une cape céleste. Elle se releva. Elle eut un vertige pendant quelques instants, où elle s’efforça de fixer un point inconnu vers l’horizon. Tout tournoyait. Elle eut un haut-le-cœur.

    A force de tourner et de tourner en round, voyager dans le monde m'a rendue saoul.
    Il n'y a de place que pour les spectateurs.
    C'est une course à bord du dernier train.
    Il n'y a pas de bonnes choses du tout, mais, hé, que dirais-tu que je te prenne la main ?

    Ils étaient à la frontière de Bloody Lane. Elle se releva pour aller lui tapoter épaule d’Erwan, lui qui fixait le coucher de soleil, les yeux empreints de nostalgie. Personne ne pourra jamais comprendre ce qui s’était passé ici. C’était leur secret. Elle le garderait comme on garde un trésor, à l’abri des regards. Ho Becky… Ta langue se tordra à chaque fois que tu voudras évoquer cet événement, car tu le sais, tu ne pourras jamais le dire. Malédiction.

    « Aussi longtemps que je vivrais ici, je serais heureuse. »

    Par tous les moyens, le bruit du cœur a été complètement terminé.
    J'ai du chemin à faire avant de m'en souvenir.
    Quelle belle vue, tu ne trouve pas ?
    Le paysage vu d'ici,
    Ne changera certainement pas.

    Elle se retourna et marcha vers son quartier. Elle cacha ainsi les larmes coulant le long de ses joues. Elle voulait épargner à Erwan ses sanglots de petite fille pas mature. Elle voulait cacher toute la tristesse du monde. Ho Becky, tu te voiles tellement la face. Que deviendras-tu à Esplumoir ? Rien d'autre qu'un nom, un nom qu'on écrit, comme on l’efface, en silence. Tu tomberas amoureuse de ton docteur, Arès. Vous vivrez certainement heureux. Ho Becky, tant de choses te restent à faire et pourtant tu n'as plus le temps. Les secondes filent, et tu ne peux pas les rattraper... Cours Becky. Ça ne sert à rien d'attendre. Ho Becky, tragédie. Ton conte détraqué se terminera enfin. Prends ton envol, malgré tes ailes lacérées, tes ailes pleines de désinvolture et de fierté, les fragiles ailes de l'adolescence. Peut-être qu'ainsi, en effet, tu pourras vivre heureuse.

    Au monde, avant d'avoir tourné mes yeux vers le bas.
    Dansant avec un saut puis un pas,
    "Une-deux", dans un coin du monde.
    Un petit accident et je sens l'agréable sentiment du dénouement.
    Je sors avec un nuage de fumée et un hourra,
    Et l'instant d'après je m'en vais.

    ...

    Au revoir, prends soin de toi.

    ...

    C'est ce que je dirai au monde se terminant.

    Elle leva sa main vers le ciel, cachant ce soleil embrasé. Elle eut un dernier petit sourire pour Erwan. En effet, Becky était son propre danger.



    Alors, elle s'effaça la mémoire.



    THE END.




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