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Truly Madly Deeply

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Bloody Lane

Bloody Lane

Féminin
Messages : 50
Age : 22
Date de naissance : 11/01/1995
Nom de Code : Smokey Sun
Quartier : Bloody Lane
Plume : Voleuse de Sens

MessageSujet: Truly Madly Deeply Mer 18 Jan - 17:26

Truly Madly Deeply


Musique

« Perdu dans un monde tout étranger.
On a plus le droit de se renfermer.
Je n’ai pas le temps de perdre la tête.
Pour nous sauver de nous-mêmes.
Je n’ai pas le temps de perdre la tête.
Pour nous sauver de nous-mêmes.
Quelle est cette ivresse qui nous entraîne ? »


Elle ne respirait plus, les lèvres immobilisées en une moue vaguement boudeuse. Tout sont être semblait se retenir, malgré l'entrain de chaque pas qu'elle traçait dans la poussière et l'herbe sèche. Ses côtes dessinaient sur sa peau de fin barreaux. Elle avait perdu du poids après avoir perdu l’appétit, la raison, le rêve. Et maintenant elle prenait ce qu’elle pouvait pour combler le creux dans son estomac noué, qui se fissurait jusqu’à son cœur, miette par miette. Elle se déplaçait avec délicatesse entre les troncs, et son corps faisait tâche sur le paysage grisâtre et hivernal. Son arrivée sur Esplumoir aurait du mettre fin à son calvaire, pourtant. Il lui avait permis d’oublier, chose qu’elle s’était empressée de faire avec perfection. Ou presque, car le goût amer du remord s’était fixé à sa langue, et ses nuits étaient imprégnées d’images terrifiantes et mystérieuses. Elle avait si bien oublié, à vrai dire, qu’elle ne savait pourquoi elle pleurait, certains soirs, le dos appuyé contre son lit, les jambes repliées contre son torse, et ses mains les agrippant avec l’insistance du désespoir. Elle avait tellement bien oublié qu’elle se sentait amnésique, incapable de dire en quoi consistait son passé, ou plutôt incapable de se convaincre de s’en souvenir. Et elle était longtemps restée amorphe, vidée, comme une coquille creuse, un coquillage qui ne renvoyait pas le bruit des vagues, alors que l’océan l’avait si longtemps bercé. Elle avait crut échapper à tout, naïve enfant. Plus de famille, plus de solitude ressentie, seulement un esprit solitaire. Plus de soirées passées assise à son bureau, un stylo entre les mains, tentant d’écrire quelques lignes douloureuses. Plus de lycée, de routine sempiternelle, de contraintes. Plus rien, plus de médecin, plus de maladie. Plus de passé et pas de futur prédéfini. Pas d’obligations, ni morales ni physiques, rien. Personne pour lui dire non, ou bien personne n’en ayant le droit. Et pourtant, cette île n’était ni l’île déserte et exotique si souvent retrouvée dans les films, ni le monde imaginaire d’un esprit enfantin, ni le paradis sous une de ses formes quelconques. Non, cette île était convoitée, soumise à de nombreuses choses. Et son corps à elle souffrait toujours autant, et son esprit ne faisait que cacher la tourmente derrière des rideaux épais d’indifférence, des rideaux qui malgré toutes ses espérances, étaient sensibles à la brise et au moindre coup de vent.

Un vent qui se faisait vaguement ressentir, ce jour là. Le ciel était clair bien que trop vaste et froid pour faire de ce jour un jour vraiment chaleureux. Les arbres levaient leurs bras nus vers l’immensité bleue, et les oiseaux chassaient dans les airs, traces furtives qui passaient d’arbre en arbre en quelques battements d’ailes. Louella haussa les épaules et rentra son menton dans l’étoffe épaisse de son écharpe, qui s’enroulait en quelques tours autour de sa fine nuque. Ses collants la protégeaient efficacement du froid, mais la brise glacée soufflait sur son visage et il semblait qu’elle cherchait à tout prix un moyen de s’infiltrer dans sa veste, créant un courrant d’air peu agréable. Elle n’avait pas de gants et c’est pourquoi ses mains étaient enfuies au plus profond de ses poches. Cette forêt dans laquelle elle marchait, Lou l’appréciait, à défaut de l’aimer réellement. Elle avait grandit dans une maison banale, perdue à l’orée d’un petit bois, dans ce qu’on pouvait appeler la campagne. Lorsqu’elle était petite, il arrivait qu’elle aille jouer dans la rivière qui serpentait entre les arbres, sautant dans l’eau, trempant ses belles robes et ses longues boucles rougeâtres, s’affalant quelques heures dans l’herbe, ivre de bonheur. Les années avaient défilé néanmoins, emportant avec elle les rires enfantins. La forêt était devenue son jardin, lui permettant de s’éloigner des murs ternes et presque dangereux de sa maison, et le ruisseau avait subit ses coups sans qu’aucun dégât ne soit fait. Pour elle, la forêt était teintée d’une improbable noblesse, et d’une douceur maternelle, car lorsqu’elle vous prenait dans ses bras, elle vous cachait du reste du monde. Même Logan ne l’avait jamais retrouvé dans cette forêt. Même lui.

We all fall down, like toy soldiers.


Les lois, la maigreur, les drogues, n’étaient pas les seules choses qui l’avaient accompagnée dans ce monde nouveau. Ses sentiments aussi. L’indifférence, cette image froissée d’âme solitaire, n’étaient qu’enveloppes. La preuve était ici même, marchant avec elle dans ce coin perdu, partageant avec elle un silence assez confortable. Oui, elle savait très bien que l’absence de Luca l’attristerait, et bien qu’elle détestait cette idée d’indépendance à laquelle elle n’avait su échapper, la compagnie du jeune homme suffisait à mettre ce mécontentement de côté, à lui faire voir qu’il y avait plus important que cette sécurité, qu’elle devait oser se blesser, que c’était sur des morceaux de verres qu’on devait marcher lorsqu’on choisissait de vivre dans l’illusion du bonheur. Ou alors le vrai ? Pour l’instant le sol était doux, et le voile de l’ignorance dissimulait impeccablement le chemin qui se dressait devant elle. Métaphoriquement parlant. En vrai, le sentier qu’ils empruntaient, ou du moins ce qu’ils croyaient être le sentier depuis que ce dernier s’était ostensiblement effrité au milieu de la nature, s’enfonçait droit devant eux, mètre après mètre. Aucun des deux n’avaient proposé de faire demi-tour. Aucun des deux n’avaient exposé la possibilité qu’ils puissent se perdre. La chance se collait à l’un, et l’intrépidité à l’autre. Et puis, aujourd’hui était un jour spécial. Peu importait les événements, pourvu qu’ils soient intéressants. Peu importait qu’ils se perdaient, s’ils pouvaient passer un bon moment ensemble. Se perdre n’était qu’une aventure parmi d’autres, même si beaucoup étaient effrayés à l’idée.

Mais Louella marchait sans crainte. Elle ne se lassait pas de cette marche ; cela mettait les choses au clair dans son esprit. Lui insufflait un peu d’air frais. C’était d’ailleurs une des possibles raisons inscrites sur la liste de l’adolescente, quant-au choix curieux de Luca qu’avait été de choisir de faire une balade en forêt, choix auquel Louella ne s’était opposée, étant donné le jour en question.

En effet, aujourd’hui, c’était l’anniversaire de Luca.

Voilà depuis plus d’un an qu’ils se connaissaient. Lors de son premier anniversaire, ils se connaissaient encore trop peu, et largement pas assez pour que Louella daigne sortir de sa grotte et penser à le lui souhaiter. Et pourtant lorsque celui de Lou s’était ensuivi, Luca avait été un des rares à toquer à sa porte, s’invitant presque et insistant pour manger avec elle, ce qui avait été plutôt curieux - beaucoup de choses étaient curieuses avec lui, et cela avait plutôt le don de plaire à la rouquine. Il serait probablement resté s’assurer de son bonheur mais Louella avait prévu, ce jour là, de sortir fêter avec une amie peu plus raisonnable qu’elle, et s’était perdue dans les vives lumières multicolores de la nuit. Car vivre n’avait pas eut de plus digne définition à ses yeux depuis qu’elle avait atterri ici. Contrairement à la majorité des personnes qui étaient dans son cas, elle ne cherchait pas à prendre un nouveau départ, à trouver tout ce qui pouvait, aux yeux de certains, définir une vie complète et réussie. Non, elle cherchait sa propre définition de l’existence. Elle cherchait non a recommencer par le même chemin quel avait autrefois emprunté et qui avait mal tourné, mais plutôt à l’éviter de la manière la plus catégorique possible. Comment ? La réponse était encore bien vague. Comment un poisson pouvait-il changer de voie ? Devrait-il alors nager à contre courant, se faire bousculer, être seul dans la peine et l’effort ? Être seul, simplement, à la recherche d’un but, au lieu d’accepter celui qui lui avait été par nature même donné ? Si tout n’était qu’une question de nature, de besoins, Louella se doutait bien qu’elle ne pourrait changer avec facilité. Elle n’était toujours pas parvenue à retenir ses larmes quand la frustration enflammait chaque parcelle de son corps. Elle n’avait toujours pas réussit à faire fuir sa solitude et à la remplacer. Elle n’avait toujours pas su taire sa jalousie à jamais. Elle ne savait toujours pas comment elle pouvait être si jalouse envers quelque chose qu’elle ne voulait pas. Le voulait-elle inconscieusement ? Sûrement. Les hommes sont gourmands. Envieux. Ils veulent tout, même si cela ne les intéresse pas réellement. Posséder ; voilà un but futile. Tout ce qu’elle voulait garder, c’était ses rêves.

L’adolescente accéléra le pas, revenant au niveau du Luca, qui lui aussi semblait perdu dans ses réflexions. À un tel point, à vrai dire, qu’elle put le fixer sans qu’il ne s’en perturbe le moins du monde. Alors elle observa. Il avait changé, mais en même temps si peu. De part leur nouvelle proximité, elle avait sut apprendre à reconnaître chaque partie de son visage. Chaque trait, chaque mimique. Et certains de ses traits s’affirmaient au fur du temps, tout comme elle sûrement, qui malgré sa petitesse, prenait des traits plus matures, plus … femme.

Elle n'avait cherché l’affection de personne, depuis qu’elle était arrivé sur cette île, à vrai dire. Tout n’avait été que jeu, illusions, faux-semblants. Elle avait menti plus que tout à elle-même. Mais elle ne pouvait rien face au bien-être de la présence que Luca apportait. Comme dit précédemment ; elle serait sûrement très triste si sa présence venait à manquer. Et en vérité, elle avait peur. Mais ça, elle-même n’en était que peu consciente. Elle voulait recevoir, parcelle par parcelle, l’amitié que lui offrait Luca. Mais plus que tout, elle voulait le lui rendre au centuple. Elle admirait le jeune homme, et elle voulait rester près de lui. Il apaisait ses cauchemars par sa simple présence. Elle en avait constaté les faits jours après jours, depuis un an déjà. Tout était venu de manière progressive pour se loger dans son cœur, s’y faire un nid branche par branche, brindille par brindille. Mais elle avait peur de s’abandonner à ce qui lui semblait encore être une trop belle illusion que la réalité installait promptement devant elle. Elle avait trop peur de se blesser en s'approchant trop près cette lumière. Et si autrefois elle s’était bien moqué de la brûlure, le premier choc l’avait rendu craintive. Résultat ; elle n’avait rien à lui rendre. Rien. Tant d’apaisement, tant d’amitié, et elle ne pouvait rien pour lui. Il ne s’agissait pas d’un jeu cette fois. Pas de cœur a prendre et à délaisser. Elle voulait le rendre heureux. Rendre son sourire plus vrai encore. Mais elle devait devenir plus forte. Car elle s’écroulerait, de la manière la plus simple possible, s’il venait à ce que tout cela se complique, se terne, et que son cœur souffre à nouveau, balbutiant dans sa poitrine comme un moineau incapable de prendre un nouvel envol.

Alors elle avait le choix.
Observer le coffre au contenu anonyme, admirer à jamais le bois lisse et la belle serrure. Ou alors l’ouvrir et se rendre à l’évidence qu’elle ne pourrait plus le fermer, mais devrait vivre à jamais avec son contenu, qu’il soit bon ou mauvais. Et Louella était malheureusement trop pessimiste pour croire que le bon pouvait vraiment l’emporter sur le mauvais.

Et tout cela la perturbait.

Et si la vie n'est rien d'autre que ce fil ténu qui nous rattache les uns aux autres,
le mien était définitivement déficient, fragile et glissant, comme rongé par le sel.

Elle détourna le regard, se rendant compte que ses yeux étaient toujours fixés sur son compagnon. Heureusement, ce dernier n’avait toujours pas remarqué. Il devait être vraiment très absorbé dans ses réflexions inconnues. Elle observa la forêt, les arbres autour d’eux. Elle ne vit rien, premièrement, juste de plus en plus de troncs écorchés, de perce-neige soigneusement logés entre de multiple racine, patientant sagement jusqu’à la fin de l’hiver pour faire éclore leurs bourgeons, ou encore des chèvrefeuilles et de ravissants jasmins d’hiver éparpillés ici et là. Décidément, plus ils s’enfonçaient dans la forêt, plus belle elle était, plus protectrice, chaleureuse, et pourtant terrifiante à la fois. Mais outre les fleurs, se fut un bruit qui attira son attention. Un frêle sourire illumina son visage et elle porte une fois encore son regard sur Luca. Elle sortit sa main de sa poche un instant, et hésita, avant de s’apercevoir qu’il la regardait lui aussi, maintenant. Elle sentit ses joues s’empourprer, elle qui était à deux doigts de poser sa main sur son bras avait été prise en pleine action, et elle ne savait quoi faire de cette main, maintenant. Elle tourna la tête, laissant ses mèches folles dissimuler son visage, et regarda vers où il lui semblait que le bruit provenait. Vraiment, elle pouvait être si stupide.

- Luca, tu entends ?

Aucun doute pour elle ; le bruit d’une cascade au loin. Refusant obstinément d’attendre sa réponse, elle saisit son bras et l’entraîna vers le bruit en question. Elle ne regarda pas en arrière, il suivait, puisqu’elle tenait fermement le tissu de sa veste entre ses doigts. Tant pis s’il rouspétait, qu’il le fasse, cela ne changerait rien. En un rien de temps, elle avait perdu l’envie de suivre leur imperceptible sentier, si s’agissait véritablement d’un sentier, chose dont elle doutait fortement. Non, tant pis. Ils suivraient le bruit à présent, et elle ne lui en donnait pas le choix. Si lui même avait une destination en tête dont il ne lui avait pas parlé, cela attendrait qu’ils aient pris ce détour. Il lui sembla que les quelques feuilles présentes sur les branches des arbres se faisaient plus vertes au fur et à mesure qu’ils marchaient. Pas seulement les arbres, mais l’herbe, et aussi… Elle s’arrêta, et sentit Luca s’arrêter de justesse derrière elle.

- Une minute !

Elle le lâcha et s’éloigna entre les troncs, s’agenouillant à plusieurs mètres de là, de manière à ce que Luca ne puisse voir ce qu’elle sortait de sa poche et ce qu’elle manigançait. Contente de sa trouvaille, elle se releva et cacha à nouveau l’objet anonyme qu’elle dissimula dans une poche reculée de son manteau.
Elle se retourna et s’avança vers Luca, parvenant difficilement à cacher son sourire, un peu moqueur, mais enjoué.

Sauf qu’elle ne retourna pas vers lui, mais en un bond s’élança vers la cascade, disparaissant derrière des arbrisseaux, son sourire toujours plus grand disparaissant lui aussi derrière des couronnes de feuilles. Et elle inspira profondément, prise dans son élan, jurant d’être la première devant la cascade. À l'attendre. Lui.


Lights will guide you home
And ignite your bones
And I will try to fix you

And high up above or down below
When you're too in love to let it go
But if you never try you'll never know
Just what you're worth

Lights will guide you home
And ignite your bones
And I will try to fix you
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